La petite danseuse de 14 ans. Camille Laurens

La première fois que j’ai fait connaissance avec La petite danseuse d’Edgar Degas, ce n’est ni lors d’une émission dédiée à la sculpture, ni même au musée d’Orsay où une copie y es représentée. Non, la première fois, c’était à travers un site d’énigmes. D’ailleurs, si vous aimez vous triturer le neurone, je vous invite à jeter un oeil aux énigmes de christophe 😉
J’ai donc fouiné sur le net pour en savoir plus sur cette jeune danseuse. Et bien sûr, je n’ai pas manqué d’aller voir cette oeuvre, ou du moins une copie, au musée d’Orsay à Paris.

L’idée d’entrer dans l’histoire de cette jeune fille, mais aussi dans la société de l’époque, et bien sûr d’en savoir plus sur la vie de Degas grâce à ce livre m’enchantait. Je remercie donc Net Galley de m’avoir donné la possibilité de le faire.

 

 

Synopsis

« Elle est célèbre dans le monde entier mais combien connaissent son nom ? On peut admirer sa silhouette à Washington, Paris, Londres, New York, Dresde ou Copenhague, mais où est sa tombe ? On ne sait que son âge, quatorze ans, et le travail qu’elle faisait, car c’était déjà un travail, à cet âge où nos enfants vont à l’école. Dans les années 1880, elle dansait comme petit rat à l’Opéra de Paris, et ce qui fait souvent rêver nos petites filles n’était pas un rêve pour elle, pas l’âge heureux de notre jeunesse. Elle a été renvoyée après quelques années de labeur, le directeur en a eu assez de ses absences à répétition. C’est qu’elle avait un autre métier, et même deux, parce que les quelques sous gagnés à l’Opéra ne suffisaient pas à la nourrir, elle ni sa famille. Elle était modèle, elle posait pour des peintres ou des sculpteurs. Parmi eux il y avait Edgar Degas. »

 

Mon avis

Pour tout vous dire, quand j’ai postulé pour ce livre, je n’avais pas prêté attention au fait qu’il s’agissait d’un essai et non d’un roman. De ce fait, je m’attendais à une sorte de roman historique, où cette danseuse tiendrait un rôle central, avec un récit plus fictif brodé autour. C’est en regardant une vidéo que j’ai réalisé qu’il s’agissait d’un essai. Par conséquent, à la lecture des premières pages, j’ai été un peu surprise du style très factuel employé par l’autrice. Pour cause.

Donc, dans ce livre, Camille Laurens nous retrace l’histoire de Marie Genevieve Van Goethem, petite danseuse tout droit venue de Belgique. Et à travers elle, la vie, loin d’être idyllique, des petits rats de l’Opéra. C’est aussi une plongée dans ce monde de l’art, et de sa critique, pas toujours bienveillante, loin s’en faut.

Il ne fait pas de doute que Camille Laurens a effectué un travail de recherche autour de cette sculpture et de son modèle très consistant. J’ai trouvé vraiment très intéressant d’en apprendre plus sur la vie de ces petits rats, loin de l’image polissée d’aujourd’hui. Au XIXème siècle, on était plus proche de la prostitution que des petites filles modèles. On entre de plein fouet dans la misère de ces jeunes filles, dont l’existence se résumait à leur corps.
J’ai été particulièrement touchée par la manière dont l’autrice réussit à redonner vie à la petite danseuse, à lui redonner une légitimité qui va au-delà de son état de modèle. Elle, qui s’est retrouvée exposée aux regards de tous ces critiques d’arts malveillants, qui n’hésitaient pas à comparer la jeune femme à un singe. Non, Marie Genevieve Van Goethem n’était pas une jeune fille de 14 ans, elle était un animal de foire. Sa vie, sa condition, le fait qu’elle doive travailler pour une vie de misère, ça on s’en fiche, dans la bonne société.

Un livre donc, très intéressant par son contenu, toutefois, j’ai été un peu gênée par le nombre de références présentes dans le récit. Elle n’étaient pas forcément utiles, selon moi, et alourdissent la fluidité du récit plus qu’il ne l’étaye. J’ai aimé en apprendre plus sur cette sculpture, son histoire, mais le côté ultra-documenté donnait parfois un côté impersonnel, comme si Camille Laurens se sentait obligée de justifier en permanence que oui, elle avait bien effectué son travail de recherche avant d’écrire ce livre. Dommage, j’aurais préféré voir moins de références, mais ressentir plus la vision de l’autrice.

Je retiens tout de même une histoire très intéressante qui m’a permis de découvrir qui était Marie Geneviève Van Goethem, jeune modèle qui servit de modèle à Edgar Degas.

 

 

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