Un palais de papier. Françoise Hamel

Je commence cet article en remerciant le site Netgalley de m’avoir permis la lecture de ce roman.

Le première chose qui m’a attirée dans ce roman, c’est son titre. Puis j’ai lu le résumé… et j’ai souri, car ce n’était pas le genre d’histoire à laquelle je m’attendais. Un palais de papier… Je m’imaginais des histoires d’écriture, de littérature. Absolument pas une histoire de papier monnaie ! Mais ma curiosité était déjà engagée, et j’ai eu envie d’en savoir plus sur ce palais de papier.

 

 

Synopsis

Lorsqu’Espérance de Kerzo quitte sa Bretagne natale pour la capitale, les caisses du Royaume de France sont désespérément vides et Louis XIV a accumulé une dette colossale. Déjà. Puis le Roi-Soleil s’éteint, mais l’ardoise reste.
Cependant tout Paris bruisse du nom d’un aventurier d’origine écossaise : John Law. Car cet homme a un plan, qui aura bientôt la faveur du Régent : remplacer la monnaie métallique par des billets de papier.
Fascinée, Espérance de Kerzo entre au service de celui dont on espère qu’il sauvera le pays de la faillite. Et c’est de l’intérieur, en observatrice privilégiée, qu’elle raconte les grandes innovations et les petites manigances de cette entreprise.
Pourtant, cette jeune fille fougueuse et libre, lectrice avide aussi bien de Montaigne que du Code paysan des premiers Bonnets rouges, a toujours rêvé de liberté – et jamais de finance. Les sentiments que lui inspire le troublant John Law seraient-ils à l’origine de cette contradiction ?

 

Mon avis

Alors. J’ai trouvé ce roman fort intéressant, et en même temps, je suis très mitigée. Si on me posait la question « est-ce que tu recommandes ce roman à ton entourage ? », je répondrais que pas nécessairement, mais que je ne le déconseille pas non plus.

Je commence par ce qui m’a plu, ce qui m’a semblé le plus intéressant dans le roman  : Le contexte historique, et l’histoire en elle-même.
Louis XIV est mort. Vive le Roi !
En attendant, l’économie de la France n’est pas au beau fixe (qui a dit que la situation n’avait pas changé depuis ?). Les caisses de l’Etat sont vides, il faut faire quelque chose ! Et voilà qu’un anglais du nom de John Law propose une chose complètement dingue : créer du papier monnaie afin de rétablir l’économie de la France.

Du papier monnaie ? what ? Tu veux dire, je découpe un morceau de papier, j’écris dessus 500€ et donc ce morceau de papier vaut 500€ ?
Ouais, c’est ça. Enfin, peut-être pas aussi simple que ça. Faut pas déconner non plus.

L’histoire se déroule entre 1715 et 1720. Louis XIV vient de mourir, le futur Louis XV n’a que 5 ans. En attendant, Philippe d’Orléans assure la régence. Voilà pour la grande Histoire.

La petite histoire, elle, va suivre Espérance de Kerzo, une jeune bretonne, instruite mais pas issue de milieu particulièrement aisé, et qui va se retrouver à assister John Law dans sa grande mission de sauver la France du désastre économique.
Presque malgré elle, elle va assister à la mise en place d’une nouvelle ère de gestion financière, elle va découvrir les coulisses d’une monarchie, d’un pouvoir qu’elle ne soupçonnait pas. Avec ses bons côtés, ses reluisances… Et avec ses tavers, ses complots, ses détournements…

La France durant la régence de Philippe d’Orléans, j’avoue que je n’y connaissais pas grand-chose. J’étais donc très curieuse de voir ce que ce roman allait m’apprendre sur cette période. Et même si ce roman n’est pas un livre d’Histoire, j’ai apprécié d’en savoir plus sur le contexte politique de l’époque. Mais surtout j’ai encore plus aimé en savoir plus sur le contexte économique. Et pourtant, l’économie, ce n’est pas la première chose qui m’intéresse lorsque je me penche sur l’Histoire de France. D’ailleurs, avant de commencer ce roman, j’avais peur de me retrouver face à une histoire trop « financière » et donc de me perdre dans des considérations ou des termes qui m’échappent. En réalité, il n’en est rien : J’ai même trouvé ça passionnant, et relativement bien raconté.
J’ai également beaucoup aimé le mélange entre le côté historique et l’aspect romanesque du livre. Les personnages sont bien affirmés, et les principaux sont tous très intéressants à découvrir et à voir évoluer dans le récit. J’ai découvert une Kerzo qui affirme son indépendance, sa liberté de penser. J’ai suivi un John Law à la recherche d’une certaine gloire, de notoriété, mais aussi plein d’ambiguïté. Et d’autres personnages tout aussi intéressants.
Alors bien sûr, il est aussi un peu question d’amour, à un moment ou un autre. Mais l’autrice a eu l’intelligence de ne pas faire passer les histoires de coeur de ses personnages avant le fil conducteur de son intrigue : comment renflouer les caisses de l’Etat. Et ça, c’est hyper appréciable. Non parce que… les romans qui te promettent une super intrigue, et qui finalement se limitent à « va-t-il lui déclarer sa flamme ? », ça va cinq minutes…

Oui, donc j’ai beaucoup aimé le contexte historique et les personnages.

Le problème, c’est que je n’ai pas adhéré au style, à la plume de l’autrice. Souvent la tournure des phrases, rappelant certes le français de l’époque, m’a un peu perdu, et malgré moi, il m’est arrivé plusieurs fois soit de perdre le fil de ma lecture, soit d’éprouver des moments que je qualifierais d’ennui. Et pourtant ce n’était pas l’histoire en elle-même qui me semblait rébarbative, mais plutôt le style des phrases. Concrètement, j’ai eu une impression de lecture en deux temps. D’abord lire les mots imprimés sous mes yeux ; ensuite, demander à mon cerveau d’enregistrer et comprendre ce que je venais de lire.
En soi, l’histoire ne m’a pas paru compliquée, cependant je n’ai pas réussi à en faire une lecture naturelle.  Enfin bref, c’était assez bizarre.

En conclusion, Un palais de papier est un roman intéressant sur le fond, mais qui ne m’a pas convaincu dans son style.

 

Rendez-vous sur Hellocoton !

2 thoughts on “Un palais de papier. Françoise Hamel

Laisser un commentaire