Trainspotting. Irvine Welsh

Il y a quelques années de cela, je me suis décidée à regarder le film de Danny Boyle : Trainspotting. Pour son histoire sur cette société décadente
J’ai adoré ! C’est le genre de film qui, pour moi, ne peut laisser indifférent, pour le meilleur ou pour le pire.
L’année dernière, j’ai eu envie de lire le roman. Je l’avais donc téléchargé en version anglaise. Après quelques pages seulement, j’ai abandonné ma lecture. Parce que ce roman, il n’est pas écrit en anglais scolaire comme je l’ai appris. Nan, nan. Dedans y a de l’écossais, de l’argot, bref des trucs compliqués à comprendre pour moi. Et à ce moment là, je n’étais mentalement pas prête pour faire l’effort de traduction. Mais bon, j’avais quand même très envie de lire ce roman. Du coup, je l’ai mis dans ma liste du challenge ABC 2017, pour me donner une motivation supplémentaire de le lire pendant l’année. Et puis, Vinushka a proposé de le lire en lecture commune sur Livraddict. C’était décidé, j’allais le lire ! Il ne me restait plus qu’à aller l’emprunter en VF à la médiathèque. Puis je me suis dit : « Attends Céline ! Tu l’as en VO sur ta liseuse. Pourquoi tu veux aller l’emprunter ? Y a p’têt’ des expressions écossaises, des mots en argots, mais tu comprends l’anglais. Tu lis des romans en anglais, parfois ! Alors t’es vraiment sûre que ce sera si compliqué ? ». Finalement, je l’ai lu en anglais. C’était pas toujours facile, mais pas insurmontable non plus.

Oui, donc tout ça pour dire que j’ai lu Trainspotting.

 

 

Synopsis

Ils sont quatre amis d’un quartier pourri d’Edimbourg partageant la même passion pour le délire à hauts risques, celui de la piquouse fatale et de l’héroïne, aussi efficacement destructrice qu’une bombe atomique dans un champ de coquelicots. Mais que faire d’autre quand on survit entre vols à l’étalage, assurance chômage, soirées glauques et baston à coups d’aiguilles à tricoter. Entre deux pintes de bière, chacun raconte sa vie et son quartier. Sick Boy qui voudrait travailler, Mark, persuadé de pouvoir décrocher, Spud, niais et complètement paumé et Matty qui ne touche pas à la dope, jusqu’au jour où il se laissera tenter. Pourtant, au milieu du désespoir, surnage une envie de vivre plus forte que tout le reste. S’en sortir grâce à un dernier coup de bluff, tenter le tout pour le tout.

 

Mon avis

Ce livre parle de drogue, d’alcool, de chômage, de jeunesse en perdition, de désespoir… Et malgré tout d’espoir quand même. Même si ce dernier est foutrement bien caché.
La particularité de ce roman, c’est qu’il est raconté par plusieurs protagonistes, tour à tour, mais toujours à la première personne. Alors évidemment, ça ne simplifie pas la lecture, car à chaque fois il faut bien cibler qui parle. Mais ça donne cette impression de ne jamais sortir de l’histoire, d’être toujours en (bad) trip en même temps que les personnages, bref, ça fait vivre les faits de l’intérieur. D’un côté c’est cool, mais d’un autre, j’ai eu par moments un ressenti d’oppression. Oui, en fait un peu comme les gars et la fille de cette bande.

Bon Trainspotting, c’est pas super gai comme histoire. Enfin, le contexte n’est pas joyeux. L’héroïne, l’alcool, les appartements miteux.. les jeunes gens n’ont pas une vie des plus faciles. Le récit a quelque chose de malsain, il est trash, il y a du scato dedans. Oui, mais c’est raconté avec tellement de bagou et tellement d’humour, bien grinçant, la plupart du temps, que du coup… euh du coup quoi en fait ?
Du coup je ne sais pas trop si cette humour cynique « adoucit » le côté trash ou s’il le renforce. Je ne sais pas si le côté glauque atténue ou accentue le cynisme de cet humour qui, quoiqu’il en soit, a cette particularité de mettre mal à l’aise. Parce qu’il faut bien l’avouer, il y a deux ou trois moments où j’étais presque coupable de rire.

Sinon, les personnages sont peut-être des jeunes souvent cons qui cumulent conneries sur conneries, ils sont peut-être des fouteurs de merde (oui, je suis vulgaire. Mais parler de Trainspotting avec un langage châtié serait un non-sens à mes yeux), mais ces anti-héros (tout en étant héroïnomanes pour certains) ont une humanité qui quelque part, se rappelle un peu à nous-même. Et qui nous rappelle à quel point ce roman est réaliste.

Donc oui, j’ai aimé ce roman. Beaucoup. Malgré tout, il fait partie de la liste de ces romans dont j’ai préféré l’adaptation au cinéma. En fait, je crois que c’est essentiellement pour Robert Carlyle dans le rôle de Begbie. J’ai beaucoup plus ressenti le psychopathe dans le film que dans le roman. Dans le livre il m’apparaît comme un type certes très déséquilibré, mais j’y ai moins vu cette folie destructrice qui anime le personnage du film.

Et moi qui hésitais à lire en anglais à cause du style, finalement je suis bien contente d’être passée outre mes craintes. J’ai certainement manqué quelques trucs, il y a des passages où je n’ai compris que le sens général, mais tant pis ! Cela m’a permis d’être un peu plus dans l’esprit de la narration. J’ai d’ailleurs réfléchi au fait de le lire un jour en français, pour combler quelques subtilités qui m’avaient échappées, mais finalement je ne suis pas sûre de le faire. Pas sûre que cela me soit vraiment utile, ni que cela m’apporte grand-chose.

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3 thoughts on “Trainspotting. Irvine Welsh

  1. Chapeau pour l’avoir lu en vo ! Pour moi aussi ce fut une très bonne lecture, même si j’ai eu du mal à rentrer dedans. La suite m’a en revanche passionné, et j’ai hâte de voir le film. Tu confirmes que c’est une bonne adaptation, puis je pense que ça va m’aider à clarifier certaines choses. J’ai dans l’idée de le relire un jour, peut-être en vo du coup. C’est vrai que le style est particulier, et je me suis parfois demandé ce que ça donnait en vo.

    « ces anti-héros (tout en étant héroïnomanes pour certains)  » haha pas mal celle-là 🙂

    1. C’est vrai qu’au début c’est pas évident de lire en VO, mais à force, on s’habitue aux termes et à la fin je buttais beaucoup moins sur les termes d’argot 🙂

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