Verre Cassé. Alain Mabanckou

Lors du swap de l’avent 2014, ma copine Agathe m’avait offert un roman d’Alain Mabanckou , Verre Cassé. A l’époque, je n’avais jamais entendu parler de cet homme. Aujourd’hui, il fait parti de ces hommes dont j’admire l’intelligence, l’esprit vif et entier (ça se dit « l’esprit entier » ?)
L’année dernière, j’avais commencé à lire Verre Cassé. Mais voilà. au bout d’une quinzaine de pages, j’ai abandonné, car je n’y arrivais pas. Bêtement, je restais bloquée à cause de cette ponctuation très peu présente, je ne réussissais pas à en faire abstraction et ma lecture s’en trouvait gâchée. C’est donc avec une petite déception que je l’ai abandonné. Oui, une déception, parce que Agathe m’avait dit que c’était un de ses livres fétiches, alors j’avais vraiment envie de le lire. Après tout, peut-être que ce n’était pas le bon moment pour moi de le lire, tout simplement.

Et puis, dans le cadre du challenge Pioche dans ma pal, Gilsayan a eu la bonne idée de me proposer de le ressortir.
Alors, je l’ai ressorti de la bibliothèque.

 

 

Synopsis

Ce roman baroque aux allures rabelaisiennes a pour décor un bar congolais où la crasse et la misère font bon ménage avec le rire et l’ivresse. Le narrateur, Verre Cassé, n’est rien moins que le patriarche des lieux, vieil ivrogne désabusé qui vient y oublier au détour d’une énième bouteille les avanies de l’enfer conjugal. Il nous présente toute une galerie de personnages hauts en couleur dont les prouesses sont aussi truculentes que leurs surnoms.

 

Mon avis

Il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis. C’est mon avis et je n’en changerai pas. Ça, c’est une phrase que j’aime bien mettre en avatar ou en signature. Et pour le coup, bah elle me correspond vachement bien. Parce que si ma première expérience avec le roman ne fut pas au beau fixe, cette deuxième tentative s’avéra être une totale réussite. Non, parce que vraiment, mais vraiment j’ai adoré ce petit roman.

Verre cassé n’est pas le résultat d’une maladresse d’un serveur. Non. Verre cassé, c’est un pilier de bar. Pardon. LE pilier du bar Le crédit a voyagé, sis quelque part au Congo. Des histoires, il en a vu et connu dans ce bar, car rien n’échappe à Verre cassé. Aucune anecdote, tragique ou comique ne lui résiste, car habitués comme occasionnels peuvent avoir le verbe facile. Surtout quand la bouteille a été bien vidée, et ce n’est pas notre pilier qui dira le contraire. A tel point que deux questions se posent :
Peutitin : Est-ce Verre cassé qui tien le pilier de ce vieux bar, ou bien le pilier qui maintient Verre Cassé à peu près assis ou debout ?
Peutideu : Est-ce notre protagoniste qui s’est installé au bar, ou bien le bar qui a été construit autour de lui ?

Et donc, qui de mieux que lui pour écrire l’histoire du crédit a voyagé ? Le patron va bien évidemment penser à Verre Cassé pour s’acquitter de cette très haute mission. Ce qu’il va s’empresser d’accepter, évidemment.

Le truc, c’est que le narrateur écrit comme il parle. Et pour tout vous dire, c’est un peu ça qui m’avait gêné à ma première lecture. Un flot de paroles, sans ponctuation, les idées qui se suivent, sans transitions… En fait, Verre Cassé il est un peu le contraire de moi, qui ait tendance à abuser des points et des virgules. J’aime faire des phrases courtes. Mettre des points partout. Bref, j’étais perturbée, et donc pas prête à cette lecture.
Alors, pour ma deuxième tentative, j’ai du faire un effort, oui ! Mais bon, dans la vie il faut savoir sortir de sa zone de confort, prendre des risques. Parce que parfois, ça peut valoir le coup. Comme pour ce roman, par exemple. Et vous n’imaginez pas à quel point je suis contente d’avoir ressorti ce livre de ma bibliothèque.

Et sinon de quoi il cause, au juste ?
Et bien, il parle de la vie du bar, de celle des autres clients, de celle de la ville, du pays… En somme il parle de sa vie à travers celle des autres. Une sorte de brèves d’un comptoir africain.

Et pourquoi il faut le lire ?
Parce que c’est plein de vie ! C’est triste et drôle, comme des instants de vie. Et puis surtout c’est plein de références littéraires. Certaines qui se remarquent au premier coup d’oeil, et d’autres plus subtiles, mais quoi qu’il en soit, toujours bien amenées dans le texte.
Alors oui, parfois il faut le suivre, ce cher Verre Cassé. Parce que quand il a un coup dans le nez, c’est pas forcément évident. Il aurait même tendance à se répéter un peu, à quelques reprises. Mais moi, je lui pardonne, parce que ces histoires elles sont tellement fortes, truculentes, souvent pathétiques… mais tellement drôles quand c’est lui qui raconte !

Enfin bref, ce roman vaut le coup d’être lu.

Un grand merci à Gilsayan pour l’avoir sorti de ma pal. Et un énooorme bisous à Agathe, qui me l’a offert il y a deux ans ♥

 

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1 thought on “Verre Cassé. Alain Mabanckou

  1. Je suis contente que tu aies autant apprécié ta lecture, j’avoue pour ma part ne pas du tout connaître cet auteur.

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