Un ours qui danse. Vincent Jolit

C’est un peu au hasard que j’avais coché Un ours qui danse, lors de la Masse Critique Babelio. La perspective d’un roman à trois voix sur trois périodes me plaisait bien. Et puis j’aime bien la couverture du livre.

 

Synopsis

À Saint-Pétersbourg, dans les années 1900, Fiodor veut danser depuis qu’enfant, il a assisté au spectacle donné par un montreur d’ours. On l’en empêche ; il doit batailler. Lorsque arrivent Les Ballets russes, il croit avoir gagné son combat et avoir la vie pour danser. À New York, dans les années 1960, Franz danse. Il a quitté l’Allemagne pour danser. Il danse pour fuir des parents et un passé familial qu’il abhorre. Après quelques hésitations formelles – Postmodern dance ou pas ? –, il pense pouvoir se lancer dans la création chorégraphique pour tordre définitivement le cou à ses fantômes. À Toulon, dans les années 2000, Françoise devient veuve. C’est peut-être le moyen pour elle de mettre de côté une vie qu’elle a plus subie que vécue. Pour se changer les idées, on lui propose de danser. Oui, mais avec un pied mal fichu, ce n’est pas si simple. C’est presque impensable. Pourtant. Trois voix. Trois corps confrontés à des obstacles et qui trouvent dans la danse moderne les ressources permettant d’accéder à leur libération. Et cette libération, c’est aussi l’histoire de la danse contemporaine dont on lit en creux l’évolution au fil du vingtième siècle.

 

Mon avis

Et bien ce fut une belle surprise que ce livre. Un ours qui danse est le genre de roman que je ne qualifierais pas d’indispensable, mais que je ne regrette aucunement d’avoir lu, car j’ai passé un très beau moment en sa compagnie. Bref, si ce n’est pas un coup de coeur, je le conseillerai volontiers à mon entourage.

Le récit met en relation trois époques : 1900, 1960 et 200 ; Trois lieux : La Russie, Les Etats-Unis, la France. Trois personnages : Fiodor, Franz et Françoise. Et un point commun à tout ça : La danse.

Au fil des chapitres, on va apprendre à connaître ces trois personnages, et surtout quel lien existe entre la danse et leur vie, leur passé, leurs projets. Car bien sûr, chacun a sa manière se voit confronter à des choix qui vont avoir des conséquences sur leur vie. Que ce soit pour s’accepter soi-même, comme moyen de vengeance ou pour échapper à un avenir tout tracé, Fiodor, Franz et Françoise nous proposent trois destins riches en émotion.
Les personnages se dévoilent, commençant d’abord par nous présenter la face visible de l’Iceberg. Celle que tout le monde voit. Puis, petit à petit, on découvre ce qui se cache derrière les apparences, ces moments de doutes, de colère, de frustration, ces instants de revanches de revanches personnelles, sur eux-même ou sur la vie, sur les autres. Bien sûr, pour chacun, ces étapes se déroulent différemment, car ils n’ont pas le même vécu, des caractères différents, une histoire qui leur est propre. Et pourtant, au-delà de la danse, les points communs sont nombreux, à commencer par cette envie de prendre le dessus sur le destin, ce besoin de trouver une raison de vivre.
En fait voilà, Un ours qui danse, c’est un roman qui raconte la vie, avec des ses hauts, ses bas, avec ces choix qu’il faut faire, puis assumer, avec ce passé qui qui construit le futur.

Alors non, ce roman n’est pas parfait, parfois j’ai trouvé qu’il manquait un peu de rythme (plutôt incongru pour un roman qui parle de danse), j’ai trouvé le personnage de Franz, pourtant très intéressant par son histoire, un peu moins bien fouillé que ceux de Fiodor et Françoise. A moins que ce soit juste qu’il m’ait moins touché… c’est possible aussi. Néanmoins, ce roman reste une belle lecture, et pour cela, je remercie Babelio et les éditions de la Martinière pour cette découverte.

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