Germania. Harald Gilbers

Peu après avoir demandé le livre Idaho sur le site Netgalley, j’ai postulé pour recevoir Germania. Parce que j’aime voyager dans le temps et l’espace. Et aussi parce que le synopsis me bottait carrément.
Germania, ça fait presque 2 mois que je l’ai lu, mais je n’écris la chronique qu’aujourd’hui car… bah car j’ai fait ma flemmarde, et aussi que je suis partie en vacances. Juste 2 semaines, OK.

 

 

Synopsis

Berlin, été 1944. De jeunes femmes sont retrouvées mortes, nues et mutilées, devant des monuments aux morts de la Première Guerre mondiale. Contre toute attente, le SS-Hauptsturmführer Vogler fait appel à Richard Oppenheimer, l’ancien enquêteur star. Pourtant Oppenheimer est juif et donc officiellement interdit d’exercer…
Tiraillé entre son quotidien misérable dans une « maison juive » et le confort que lui offre son nouveau statut, Oppenheimer est de plus en plus inquiet. Tous les indices pointent vers un assassin appartenant à l’élite nazie, si Oppenheimer échoue, son destin est scellé. Mais n’est-il pas encore plus dangereux de démasquer le coupable ?
Pendant les derniers jours du Reich, les tensions sont à leur comble…

 

Mon avis

Cela vous est déjà arrivé d’avoir un coup de coeur pour un roman que vous ne jugez pas parfait ? Et bien c’est mon cas pour celui-ci. Car s’il y a bien deux ou trois choses qui me chagrinent, j’ai trouvé ce roman véritablement passionnant.

L’intrigue nous transporte à Berlin pendant l’été 44. Le Reich vit ses derniers jours de gloire, la tension dans la ville est palpable à chaque instant, les bombes pleuvent. Et au milieu de tout ça, quelqu’un a décidé de mutiler des femmes avant de les assassiner. Il faut retrouver le coupable ! Alors la Gestapo va faire appel à Richard Oppenheimer pour les seconder dans cette enquête. Ce qui ne manque pas d’étonner ce cher Richard, puisqu’il a été destitué de ses fonctions de commissaires quelques années auparavant par cette même Gestapo. Oui, Oppenheimer est juif. Et là, forcément tu te demandes qu’est-ce que c’est que cette histoire ? Mais pourquoi la SS se ferait-elle aider par un juif pour mener une enquête policière ?
Il va de soit que l’ancien commissaire n’a d’autres choix que d’accepter cette singulière requête.

Ce roman, c’est l’histoire dans l’Histoire.
Pour la grande Histoire, il y a cette Allemagne Nazie dont le déclin s’annonce sans équivoque, Berlin et ses habitants qui vivent des heures noires, à guetter le point de chute du prochain bombardement. Ces allemands secrètement espèrent une victoire des alliés, pour enfin être délivrés du joug nazi. Ces mêmes nazis qui ont compris l’issue pour certains, et se pensent encore vainqueurs pour d’autres. L’ambiance est là, toujours pesante, et par moment j’avais même l’impression de voir un documentaire sur la vie quotidienne des berlinois à cette époque.
Pour la petite histoire, on va donc suivre Oppenheimer dans son enquête pour résoudre cette série de crimes. L’intrigue va nous mener d’un bout à l’autre de la ville, nous faire rencontrer quelques personnages plus ou moins étonnants. L’enquête en elle-même est bien menée et assez captivantes, même si j’aurais aimé la voir un peu plus sur le devant de la scène par moments. En revanche, s’il y a bien une chose que j’ai trouvé géniale dans ce roman c’est Oppenheimer, ou plus exactement me trouver à côté de ce personnage durant cette lecture.

Bon. Lui n’a certainement pas trouvé génial de se retrouver enfermé dans une cave pendant un bombardement, ni de se faire castagner et insulter par des gamins à cause de sa religion. Mais c’est bien avec lui, grâce à ses actions, ses réflexions et le regard que les autres portent sur lui que l’on découvre le mieux l’ambiance du roman. Il nous emmène dans le quartier juif où il vit avec sa femme, dans lequel on ressent ce besoin impératif de survivre malgré tout. La difficulté du quotidien y est décrite sans atermoiement, mais fait néanmoins frissonner par moments. Mais c’est également au coeur de la machinerie SS que nous allons nous retrouver. Et si tous les rouages semblent bien huilés, on comprend vite que les dissensions entre grades ne sont jamais bien loin. Et justement, parmi toutes ces gens, il y a le personnage que j’ai trouvé le plus intéressant après Oppenheimer, j’ai nommé le  le SS-Hauptsturmführer Vogler. Ce gars, j’ai passé les 3/4 du roman à me demander si c’était juste un pauvre con au QI d’huître avariée, ou bien un génie cynique qui joue au con. Car les échanges qu’il a avec le commissaires sont parfois vraiment surprenants. Alors, c’est un SS, un anti-juif, et forcément on a envie de le classer dans la case abruti sans cervelle. Mais ce n’est pas si évident.
Les deux personnages sus-cités vont donc régulièrement avoir à faire l’un avec l’autre, et l’on va assister à une évolution dans leurs relations. En fermant le livre, je suis restée un peu frustrée car j’avais trouvé qu’il manquait un je-ne-sais-quoi d’humanité entre les deux hommes. Et puis, je me suis dit qu’au contraire, c’était super bien pensé par l’auteur, puisque jusqu’au bout j’ai douté de l’issue qui attendait aussi bien Oppenheimer que Vogler.

Alors certes, le roman n’est pas parfait, j’aurais aimé retrouver l’enquête policière plus en avant de l’histoire, j’aurais également voulu être un peu plus dans la tête du tueur. Il y a un personnage, Hilde, que j’ai trouvé intéressant sur le fond, mais qui finalement m’a paru exploité en-deçà de son potentiel. Mais l’histoire est bien menée, l’ambiance est parfaitement retranscrite, et surtout, l’auteur a su faire de son protagoniste un personnage des plus captivants, et qui donne toute sa force à ce roman.

 

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2 thoughts on “Germania. Harald Gilbers

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