L’apocalypse des homards. Jean-Marc Agrati

Depuis quelques années, je fréquente de façon plus ou moins régulière deux librairies situées dans le 12ème arrondissement de Paris : Charybde, et surtout Scylla. Si les libraires sont toujours prompts à vous conseiller lorsque vous leur rendez visite, ils on également eu la bonne idée de créer les éditions Dystopia workshop. En quelques mots, il s’agit d’une association loi 1901 qui a pour but d’éditer ou rééditer des auteurs moins connus du grand public, mais également de favoriser l’échange entre les auteurs et les lecteurs lors de rencontres organisées dans des librairies. Pour en savoir un peu plus, je vous invite à lire cette interview. Dystopia édite donc des romans papiers, mais elle a aussi un catalogue en version numérique, disponible sur leur site (tout comme les roman papiers, d’ailleurs). Et il se trouve qu’ils ont ont gentiment accepté de m’envoyer deux livres en format numérique. Aujourd’hui, je vais vous parler de l’un d’eux : L’apocalypse de homards, de Jean-Marc Agrati.

 

 

Synopsis

L’apocalypse des homards est un recueil de nouvelles. Le quatrième de l’auteur.

 

Mon avis

Alors, L’apocalypse des homards, c’est un recueil de nouvelles plus ou moins longues. Certaines ne font qu’une page. Et encore ! D’autres sont un peu plus longues, mais jamais très longues.

Et elles parlent de quoi ces nouvelles ?
Et bien justement, ce n’est pas si évident que cela de le définir ! Elles parlent de la vie quotidienne, de personnages angoissés, banals, de la mort, de l’amitié… Bref elles parlent de nous. Oui, mais Monsieur Agrati n’est pas du genre à faire des envolées lyriques pour parler de ça. Lui, son truc c’est plutôt le langage familier, voir le vulgaire. Du genre à appeler un chat un chat, ou plutôt une merde une merde. Et puis ces nouvelles… elles ont l’air d’aller un peu n’importe où, d’avoir ni queue ni tête pour certaines. Dans un premier temps, tout ça m’a paru assez étrange, je cherchais s’il y avait un lien entre chaque nouvelle, je suis restée perplexe plusieurs fois au moment d’en terminer une, parce qu’elles ont l’air de se terminer en queue de poisson (ou de homard). Même en lisant, sur le coup j’ai pas mal tiqué, parce que les histoires sont au choix farfelues, dérangeantes…

Mais voilà, une fois les nouvelles digérées, après avoir pris le temps d’y réfléchir quelques temps, j’ai pris conscience de la portée psychologique de ce recueil. Oui, c’est farfelu, non l’écriture ne fait pas dans la douce poésie sentimentale, mais le contenu est loin, très loin d’être vide de sens. L’auteur porte un regard sur notre monde sacrément acéré. Un regard qui pourrait faire peur, tant il nous renvoie des images de médiocrité, sur notre société de consommation qui pousse à l’égoïsme, à l’écrasement de l’autre. Pour sûr, on ne ressort pas de cette lecture en exultant de joie, cependant, l’heure n’est pas à la déprime non plus. Peut-être parce que l’image renvoyée de nous-même est trop déprimante, et ça serait déprimant de déprimer encore plus….

Pour être sincère, je ne lirai pas du Jean-Marc Agrati tous les jours. Même tous les mois d’ailleurs. Parce que ce n’est pas mon style de littérature préféré, tout simplement. En fait, je suis même étonnée d’avoir aimé les deux recueils que j’ai lus. Mais j’ai aimé leur singularité. Assez pour tenter un nouveau recueil de l’auteur… Mais pas tout de suite. D’ici un an ou deux.

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