Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur. Harper Lee

Il y a un peu plus d’un an de cela, j’avais reçu Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur lors d’un mini swap. Ce livre a reçu de nombreux échos positifs, et s’avère régulièrement cité dans des romans, films ou séries… Et je me suis dit que ça n’était certainement pas par hasard. J’ai donc décidé de lancer une lecture commune sur Livraddict autour de ce roman.

 

 

Synopsis

Dans une petite ville d’Alabama, au moment de la Grande Dépression, Atticus Finch élève seul ses deux enfants, Jem et Scout. Homme intègre et rigoureux, cet avocat est commis d’office pour défendre un Noir accusé d’avoir violé une Blanche. Celui-ci risque la peine de mort.

 

Mon avis

Avant de débuter ma lecture, je m’étais imaginée un roman triste, lourd, sur une histoire de racisme et de ségrégation, comme il était de coutume aux Etats-Unis à cette époque. Je m’attendais à lire une histoire du point de vue d’un adulte, en l’occurrence Atticus Finch. Comme une sorte de rédemption, ou un plaidoyer. Sauf que je me suis totalement fourvoyée. Le récit nous est racontée à travers les yeux de Scout, la fille d’Atticus, qui n’était qu’une enfant au moment des événements.
Alors bien sûr, le roman est empli d’une tristesse indéniable, d’une certaine mélancolie, mais l’innocence de son enfance, sa naïveté relative enlève au récit le côté pesant du drame qui nous est narré dans ce roman. Notez toutefois que le terme « pesant » n’est pas forcément à prendre dans un sens péjoratif. Il peu avoir parfois son utilité.

Et donc, je m’attendais à un long procès autour de cette affaire de viol, je m’attendais à un long plaidoyer autour du racisme, des inégalités, etc… Alors, quand j’ai enfin réalisé que le procès en lui-même, non seulement arrivait à plus de la moitié du livre, mais en plus n’était pas si long que cela, j’ai bien sûr était étonnée. Mais en aucun cas je n’ai été déçue de cet état de fait. Parce que finalement, la narration, les réflexions de Scout, les autres événements… tout cela m’a fait oublier que le synopsis que j’ai lu ne parlait que du procès d’un noir.

Scout m’est rapidement apparue comme une petite fille très attachante. Espiègle, garçon manqué, refusant de se plier aux coutumes qu’exigent son rang, elle fait figure de petite rebelle. Par ses yeux, on découvre les autres personnages, à commencer par son père Atticus, et son frère Jem. Et j’ai vraiment aimé découvrir les liens qui unissaient chacun des membres de cette petite famille. Des relations pas toujours évidentes, parfois faites d’incompréhension, mais toujours faites d’un amour inconditionnel. Alors oui, parfois Scout a du mal à accepter certains agissements son grand frère qui, pour sa défense, est en train de traverser une crise d’adolescence dans une contexte difficile. Certes, ce n’est pas évident pour la jeune fille de réaliser que si son père continue à la considérer comme une enfant, c’est tout simplement parce qu’elle en est une, qu’il veut la protéger et surtout la préparer à devenir adulte. Parce que oui, derrière cette attitude impassible, derrière ce masque de flegmatisme, Atticus s’avère être un homme au fort caractère. Or, pour défendre un accusé noir, contre des jurés blancs, tout en sachant que le combat est perdu d’avance, il faut avoir un sacré cran, non seulement au tribunal, mais aussi en dehors. N’oublions pas que l’histoire se déroule en Alabama dans les années 30 ! A cette époque, défendre un homme noir n’était pas vraiment bien vu…

Mais ce roman, ce n’est pas uniquement le procès. C’est aussi tous ses petits à-côtés, comme les relations plus ou moins cordiales qu’entretien Scout avec ses voisines, Miss Maudie, toujours prête à partager un bout de gâteau, ou encore Stéphanie Crawford, la commère du quartier. C’est aussi ces missions secrètes, menées avec leur copain Dill, dans le but d’en savoir plus sur ce mystérieux Boo Radley. En bref, ce sont tous ces instants qui font de Scout une enfant comme les autres, avec ses jeux, ses interrogations, ses petits secrets. Et ces instants sont tellement bien ancrés dans le récit qu’ils expliquent pourquoi ma surprise de découvrir que le procès en lui-même n’arrivait qu’en moitié de roman ne s’est pas transformée en déception. A mon sens, ils sont tout simplement indispensables pour mesurer toute l’intensité de l’histoire.

Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur est un livre qui parle de racisme et ségrégation, qui parle de l’enfance et de ce qu’elle a d’innocence mais aussi questionnement sur le monde qui l’entoure. C’est un livre sur la tolérance, sur l’humanité, le respect… En résumé c’est un très beau roman.

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5 thoughts on “Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur. Harper Lee

  1. Salut =) J’ai trouvé ton blog, cet article en premier, sur Livraddict. J’aime bien ta façon d’écrire et de présenter ce livre. Il me tente depuis un moment, je ne suis pas un habitué de ce genre de roman, et ta chronique est top pour se lancer justement !

  2. Merci pour cette LC ! Sans toi, je ne sais pas combien de temps cette petite merveille serait restée dans ma PAL.
    Nos avis sont très proches.
    A la fin, il me manque juste ce que devient Dill…

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