Vanity fair William Makepeace Thackeray

Au début de l’année, je m’étais promis à moi-même qu’en 2016, j’essaierai de ne pas trop traîner entre la fin d’une lecture et le moment où j’en causerais ici.
Mes 8 livres lus et non chroniqués et moi-même pensons que c’est plutôt mal barré…

Donc, pendant mes vacances de Noël, j’ai lu Vanity Fair. Et en plus je l’ai lu en anglais. C’est la première fois que je lis en pavé de cette taille dans la langue de ce cher William.

 

 

Synopsis

Il s’agit de l’un des plus grands classiques du roman anglais. Le XIXe siècle britannique est divisé entre Dickens et Thackeray comme le nôtre entre Balzac et Stendhal. Thackeray (1811-1863) est l’égal de Stendhal et La Foire aux Vanités (1848), son chefs-d’œuvre. Il y utilise un style humoristique ou ironiquement épique pour donner l’un des plus grands romans de satire sociale en langue anglaise. La thèse fondamentale du livre est que, dans la société occidentale, le seul moyen d’arriver, si l’on est sans naissance ni fortune, est de violer tous les principes moraux que la société fait semblant de respecter. La question qu’il pose donc est : qui faut-il blâmer, ces aventuriers, ou le système qui les rend nécessaires ? Le personnage principal est une femme hypocrite, ambitieuse et sans scrupules : on assiste à son ascension au sommet de la société et à sa chute. Autour d’elle s’agite, dans une immense fresque, la  » Foire aux Vanités « .

 

Mon avis

Bah j’ai adoré ! William Thackeray nous offre là une satire sociale du XIXème siècle qui, tout en étant bien ancrée dans son époque, se pare d’une couche de modernisme des plus flagrants.

L’auteur présente lui-même ce roman comme une histoire sans héros.

Et c’est vrai ! l’histoire voit évoluer des personnages qui ne sont ni des héros, ni vraiment des anti-héros.Toutefois, un personnage a retenu mon attention plus que les autres : Rebecca Sharp. Et pourtant, elle n’est pas plus héroïne que les autres personnages, mais cette attention vient plus de ce qu’elle incarne d’une manière générale que ce qu’elle est personnellement. Ok, présentée comme ça, ma phrase précédente ne veut pas forcément dire grand-chose…

Lire Vanity fair, c’est voir évoluer des personnages comme sur une grande scène de théâtre. C’est les voir évoluer seuls, mais aussi interagir entre eux. Et parmi tous ces personnages, deux vont retenir notre attention. Rebecca Sharp, dont j’ai parlé juste avant, et Amelia Sedley. Deux jeunes filles que tout oppose et à la fois si semblables, qui vont faire leur éducation dans le même pensionnat. Amelia est aussi réservée et naïve que Becky est expensive. Amelia vient d’une famille bourgeoise, tandis que Becky est issue de la classe populaire. Amelia a tout pour réussir dans la vie : richesse, éducation, famille… Mais Amelia est une fille lisse et finalement trop peu ambitieuse. Elle me fait penser à un cliché type de ces jeunes filles bonnes à marier du XIXème siècle qui n’aspiraient qu’à rester la plus discrète possible pour ne surtout pas se faire remarquer. Sauf si le mari décidait qu’elle pouvait représenter un faire-valoir à leur propre renommée. Mais moi, ce que j’ai aimé dans cette représentation d’Amelia, c’est que malgré son côté très naïf, elle n’est pas pour autant représentée comme la nunuche de service. Parce que la jeune femme a un côté à la fois très égoïste, jaloux qui contraste avec une gentillesse naturelle qui la rend finalement assez touchante.

Amelia pleure beaucoup…  Mais elle est gentille quand même

A contrario, Rebecca est une fille issue d’un milieu modeste, mais qui a les dents longues. Du genre à rayer le parquet. La jeune femme a de l’ambition et elle est prête à tout pour parvenir à ses fins. Becky est tout à la fois détestable, par son côté arriviste, se servant sans scrupule des autres pour parvenir à ses fins, et qui force l’admiration, pour son côté féministe avant l’heure, révolutionnaire dans ses moeurs. Rappelons que nous sommes en pleine ère Victorienne, époque où la femme de milieu modeste n’est pas vraiment invitée à s’élever dans la société bourgeoise.

Becky est une battante. Une vraie.

Mais finalement, ça parle de quoi ce roman ?
Oh… une histoire d’amour, de mariage secrets, d’héritage, de fortune, de ruine… Mais à y bien réfléchir, si l’histoire est bien menée, c’est surtout le cadre dans lequel elle évolue qui s’avère des plus intéressants.
Autour des deux jeunes filles, c’est une galerie de personnages des plus variés qui gravitent. Et sous sa plume tranchante et sarcastique, l’auteur n’y va pas de main morte avec la société anglaise. L’humour est omniprésent, mais quand en plus l’auteur se permet de faire des digressions pour interpeller directement le lecteur, ce n’est que pur bonheur. Dans un premier temps, ce roman a été publié sous forme de feuilleton, et ça se voit dans le style. En lisant le roman, à plusieurs reprises je me suis imaginée à cette époque, découvrant chaque semaine un pan de l’histoire, me demandant avec frénésie Mais que va-t-il donc arriver de terrible à la gentille Amelia ? Mais de quel subterfuge va user Becky pour tromper son monde ?

Je disais tout au début de ma critique que ce roman m’était apparu comme étonnamment contemporain. Avec sa société typiquement Victorienne, son côté historique par la bataille de Waterloo, Vanity Fair est bien ancré dans son époque. Au passage, le récit de Waterloo vu côté anglais est des plus intéressant. Je n’ai pas l’habitude de lire des romans en anglais de cette époque, mais j’imagine que le style de Thackerey ne s’éloigne pas trop de ses contemporains, si ce n’est par sa critique assez cynique de ses contemporains. Et justement, cette critique psychologique qu’il porte sur ses personnages, et bien en y réfléchissant, je me dis qu’il pourrait tout autant transposer son histoire aujourd’hui, il s’amuserait tout autant à critiquer ses pairs. Les époques passent, les mœurs changent, mais certaines choses restent immuables. Comme la  vanité des Hommes, par exemple.

Vanity Fair, c’est peut-être un gros pavé de 1000 pages, mais c’est un bon pavé que je recommande sans hésiter.

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