Petit piment. Alain Mabanckou

Il y a deux ans, j’avais participé à mon premier Match de la rentée littéraire (#MLR15), organisé par Priceminister. Même que je n’avais franchement pas aimé le roman reçu. L’année dernière, j’ai fait l’impasse, et cette année, j’ai eu envie de retenter l’aventure. Plusieurs livres me tentaient beaucoup, dont Petit piment d’Alain Mabanckou.

Alain Mabanckou, j’avais fait sa connaissance l’année dernière grâce à ma copine Agathe qui m’avait offert son roman Verre cassé. Elle adore, et elle m’en parle tellement bien que j’avais trop envie de moi aussi  de connaître l’oeuvre de monsieur Mabanckou

Agathe qui me parle de l’auteur

Et donc, en attendant de recevoir mon Petit Piment, je décide de lire Verre cassé.

Et là, c’est le drame !

Je n’accroche pas du tout au style, je suis perdue, et au bout de 20 pages j’arrête ma lecture ! Je n’aime pas abandonner un livre, mais là, c’est au-dessus de mes forces.
Je commence alors à flipper un peu ! Parce que bon, si j’ai pu arrêter verre cassé qui ne me plaisait pas, je lis Petit Piment dans le cadre d’un partenariat. Autrement dit, je vais devoir rédiger une petite bafouille dessus. Et si je le trouve aussi nul que le premier ? Et si vraiment je n’arrive pas à le lire ? Des si qui m’ont amenée à repousser le plus longtemps possible ma lecture. Damnit !
Jusqu’au jour où il a bien fallu que je m’y colle. Genre c’est la punition du siècle de lire un roman quoi !! ^^
Devant ce livre, je me sens un peu comme ça.

En plus, le livre n’est pas super bien noté sur Livraddict…

Mais je suis forte, je suis brave, et je fais face à Petit Piment !

 

 

Synopsis

Jeune orphelin de Pointe-Noire, Petit Piment effectue sa scolarité dans une institution placée sous l’autorité abusive et corrompue de Dieudonné Ngoulmoumako. Arrive bientôt la révolution socialiste, les cartes sont redistribuées. L’aventure commence. Elle le conduira notamment chez Maman Fiat 500 et ses dix filles, et la vie semble enfin lui sourire dans la gaieté quotidienne de cette maison pas si close que ça, où il rend toutes sortes de services. Jusqu’à ce que ce bonheur s’écroule. Petit Piment finit par perdre la tête, mais pas le nord : il sait qu’il a une vengeance à prendre contre celui qui a brisé son destin.

 

Mon avis

Et bien vous savez quoi ? J’ai aimé ce roman !! Si, si vraiment j’ai aimé. Et même que je me suis promis de retenter la lecture de Verre cassé. Mais pas maintenant.

Pour commencer, oublions le résumé. Car si celui-ci n’est pas faux, je trouve qu’il induit pas mal en erreur sur le contenu de ce roman.

L’histoire, c’est celle de Tokumisa Nzambe po Mose yamoyindo abotami namboka ya Bakoko, appelé plus communément Moïse, dit Petit Piment, un jeune orphelin qui vit dans l’orphelinat de Loango au Congo. L’institution est dirigée par un homme sans merci, adepte du nipotisme, et donc ne ratant pas une occasion, voir la provoquant, pour mettre ses neveux aux postes les plus importants. Nous sommes aux débuts de la Révolution Socialiste, le pays s’apprête à vivre quelques bouleversements.
Et c’est donc dans ce contexte que ce cher Petit Piment va se faire la malle de l’orphelinat pour se retrouver à Pointe-Noire.

Quand j’ai lu le résumé, je m’attendais à ce que le principal du roman se déroule à Pointe-Noire, et donc quitter rapidement Loango. Or, ce n’est pas le cas. Il faudra avancer jusqu’à la moitié de l’histoire pour voir enfin Petit Piment quitter l’institution. Et si dans un premier temps j’ai été surprise que l’auteur prenne ainsi son temps, avec le recul, je me suis dit que finalement c’était carrément judicieux. Parce que quelque part, c’est quand même le point de départ d’une sacrée aventure pour le personnage, c’est cet endroit qui va forger sa personnalité, son caractère, même s’il n’en a pas toujours conscience.
Bien sûr, le protagoniste n’a qu’une idée en tête : échapper de cette vie qui lui est imposée par l’orphelinat, pour trouver sa propre voie. Et au milieu d’un pays où la dictature fait loi, dans une ville où le banditisme est omniprésent, ce n’est pas toujours aisé. A moins de soi même s’adonner à cette vie de bandit. Par la suite, il y aura cette rencontre avec Maman Fiat 500, s’en suivront quelques années qui permettront à Petit Piment de remonter la pente, d’apprendre à devenir un homme, à ne plus être simplement cet orphelin trouvé devant l’orphelinat de Loango… Jusqu’à cette destruction de la maison close orchestrée par les autorités de la ville, annonçant une prochaine déchéance du jeune homme.

J’ai beaucoup aimé la construction du roman qui, tout en avançant chronologiquement, m’a donné une impression de former une boucle. Tout d’abord pour son thème de l’orphelin et de l’abandon. Petit Piment qui commence sa vie abandonné par ses parents, qui trouve une nouvelle vie grâce à Maman Fiat 500, et se retrouve de nouveau abandonné. Ensuite par le lieu, l’orphelinat où débute l’histoire et où elle se termine, même si les fonctions de l’endroit ont changé.
J’ai trouvé également la plume tout à fait en adéquation avec l’histoire. Au début, il y a cette insouciance, cette vie à l’orphelinat, pas toujours rose, mais pas de quoi se plaindre. Alain Mabanckou a beaucoup d’humour dans son style, et s’il se ressent tout au long du roman, il va se faire plus acerbe, plus critique au fur et à mesure que les événements deviennent plus tragiques pour notre personnage.

L’histoire du Congo, je la connais très, très peu. Toutefois, mes peu de connaissances m’ont permis de faire le rapprochement entre l’histoire de Petit Piment et l’Histoire en générale. Plusieurs fois, je me suis surprise à chercher sur Internet si tel personnage était fictif ou bien réel, tant le roman est ancré dans une réalité historique.
Et si le roman parle de la dictature qui règne à Pointe-Noire, on a vite fait de comprendre que c’est la dictature, la corruption en générale dont il est question en filigrane.
Petit Piment, c’est l’histoire de ces conflits ethniques, l’histoire de corruption, de pouvoirs, de crimes organisés à haute échelle… et surtout de ces gens qui en subissent les conséquences malgré eux.

En conclusion, Petit Piment est un beau roman, et en plus je suis réconciliée avec Alain Mabanckou. Bref tout va bien ! ^^

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1 thought on “Petit piment. Alain Mabanckou

  1. c’est souvent le problème des partenariats, est ce qu’on va aimé et avoir des facilités à lire le roman? Mais ici tu fais vraiment bien ressentir tout ce que tu as vu de bien dans ce livre.

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