Anna Karenine. Leon Tolstoï

La littérature russe, je dois bien l’avouer, je n’y connais pas grand-chose. Enfin… je serais capable de cous citer des œuvres et leurs auteurs, mais pour ce qui est du contenu de ladite œuvre, c’est une autre histoire. Alors, j’ai décidé de m’y mettre, de faire connaissance avec cette littérature. Et j’ai commencé avec Anna Karénine.

 

 

Synopsis

La quête d’absolu s’accorde mal aux convenances hypocrites en vigueur dans la haute société pétersbourgeoise de cette fin du XIXe siècle. Anna Karénine en fera la douloureuse expérience. Elle qui ne sait ni mentir ni tricher – l’antithèse d’une Bovary – ne peut ressentir qu’un profond mépris pour ceux qui condamnent au nom de la morale sa passion adultère. Et en premier lieu son mari, l’incarnation parfaite du monde auquel il appartient, lui plus soucieux des apparences que véritablement peiné par la trahison d’Anna. Le drame de cette femme intelligente, sensible et séduisante n’est pas d’avoir succombé à la passion dévorante que lui inspire le comte Vronski, mais de lui avoir tout sacrifié, elle, sa vie de femme, sa vie de mère. Vronski, finalement lassé, retrouvera les plaisirs de la vie mondaine. Dans son insondable solitude, Anna, qui ne peut paraître à ses côtés, aura pour seule arme l’humiliante jalousie pour faire vivre les derniers souffles d’un amour en perdition. Mais sa quête est vaine, c’est une « femme perdue ».

 

Mon avis

L’année dernière (ou y a deux ans… je ne sais plus), je suis allée voir Anna karenine, avec Keira Knightley dans le rôle principal, au cinéma. Et j’avais beaucoup aimé la mise en scène (et là, je vois Tête de Litote faire des bonds et hurler au sacrilège ^^). Et bien sûr, c’est ce qui m’a donné en partie envie de lire le roman éponyme. Maintenant que j’ai lu le livre, je suis un peu moins enthousiaste quant au film, qui selon moi ne montre pas toute la portée psychologique du roman. Pour le coup, je crois que ça me ferait peur de revoir le film et d’être trop déçue….

Bref, le roman est magnifique, j’ai adoré. Bien plus que ce que j’aurais pu imaginer. Je l’ai tellement aimé que je me suis ingurgité ses 1000 et quelques pages en 3 jours. Ouais, carrément !

Anna Karenine, c’est l’histoire de couples qui s’aiment, qui se trompent, qui font semblant… C’est l’histoire d’une passion interdite au sein de la noblesse russe, avec ses codes, ses mœurs, ses frasques… Mais c’est surtout une histoire d’âmes humaines dans une Russie qui va devenir le théâtre de bouleversements politiques et économiques certains.
Le titre du livre pourrait prêter à confusion, puisque l’on s’imagine qu’Anna Karenine est le personnage principal, ou du moins le seul personnage important. En tout cas, jusqu’ici j’ai toujours cru que tout le roman tournait autour de cette femme. C’est un peu vrai, mais pas totalement. En effet, d’un côté l’auteur nous narre l’histoire d’Anna, de son adultère avec Vronsky, des faux-semblant que vont mettre en place Alexis et Anna Karenine pour garder les apparences face à cette aristocratie quelque peu figée. Si au début du roman, on fait connaissance avec une femme forte, que l’on imagine de toute beauté, aimante envers son mari et ses enfants, au fil des pages et des événements, celle-ci manifeste de plus en plus de jalousie, se montre plus distante avec ses enfants… on sent le mal-être poindre le bout de son nez. Son amour pour son amant prend inéluctablement le dessus sur tout le reste. Au final, Anna est prise dans son propre piège : d’un adultère, certes mal vu de la haute société russe, mais qu’elle abordait telle une certaine tendresse, une sorte de résurrection et de liberté, cet amour interdit devient au fil du temps toujours plus tendu, ne la satisfaisant plus comme elle l’aurait souhaité. Là où elle rêvait de liberté, elle n’a trouvé que des barreaux en plus, qu’elle a elle-même érigés. Mais Anna est une femme qui sait se montrer aussi forte qu’elle s’avère être fragile. Elle est entière, et ne connaît pas la demi-mesure. Et c’est ce que j’ai aimé chez ce personnage : son caractère qui en fait un personnage complexe à comprendre, que l’on a envie de soutenir ou de réprimander, mais quoiqu’il en soit, un personnage dont on se souvient. Bien sûr, l’histoire d’amour en elle-même est forte, mais elle est l’est surtout grâce à Anna Karenine elle-même.

En parallèle de l’histoire d’Anna, il y a le couple formé par Lévine et Kitty. Lévine lui, la ville c’est pas son truc. Lui, il aime la campagne, cultiver, il se contente de peu. Enfin… de peu certes, mais ce n’est pas parce qu’on est paysan que l’on doit se laisser marcher sur les pieds par les Moscovites. Lévine s’avère être un homme non seulement cultivé et intelligent, mais également un homme qui ne cesse de se poser des questions sur ce qui l’entoure, son prochain, le sens de la vie. Un homme qui comprendra que le raisonnement est une liberté incommensurable. Mais Lévine est également un homme trop perfectionniste, toujours en quête d’un idéal absolu, et qui finalement a tendance à se laisser dévorer par cette recherche de l’absolu. Cela se ressent également dans le couple qu’il forme avec Kitty : un mariage que l’on imagine fait de bonheurs incessants, un couple qui s’aime d’un amour profond. Mais un homme qui recherche encore et toujours à rendre sa vie encore plus parfaite qu’elle ne l’est. Lévine est pour moi le personnage le plus intéressant de ce roman, de par son regard sur le monde, mais également pour la générosité et l’altruisme qui ressort de ses réflexions. Il a cette faculté de nous faire penser que tout les jours il découvre de nouvelles choses, de s’émouvoir de ce qui l’entoure, de se poser les bonnes questions… De prime abord, cela pourrait passer pour de la naïveté, mais ce serait bien réducteur ! Levine a juste la capacité d’appréhender le monde.

Si les deux couples paraissent bien différents, chacun vivant un amour bien différent, ou plutôt des amours différents (ca on se rend bien compte que le mot mérite d’être employé au pluriel), on retrouve également des points communs, notamment entre Anna Karenine et Levine. En effet, l’une comme l’autre semblent en quête perpétuelle du bonheur, et surtout de liberté. Un mot qui, encore une fois peut s’employer au pluriel. Par les yeux d’Anna, on devine une liberté individuelle, une envie de prendre sa vie en main, de casser les codes de l’aristocratie, et à travers cela une liberté de vivre. Tandis que Levine nous transmettra plus une notion de liberté dans un sens général, plus altruiste.
Bien sûr, on comprendra qu’il n’est pas question de croire que l’un est plus fort que l’autre, et c’est en ça que l’on se rend compte à quel point les deux couples ne font pas qu’établir des parallèles, mais se posent en complément l’un de l’autre.

Dans  cette critique, j’aurais également pu vous parler du couple formé par Oblonsky et Daria, car sur eux aussi il y a à dire, et l’on retrouve, tout comme chez les deux autres couples, une union qui se manifeste par des amours bien différents, mais également une certaine quête de la liberté. Mais moi, quand je rédige une critique, j’aime laisser au lecteur la possibilité de découvrir par lui-même plein d’autres facettes d’un roman. Surtout quand il s’agit d’une histoire aussi forte que celle d’Anna Karenine !
Bref, faites fi du nombre de pages, et lancez-vous dans cette fabuleuse lecture, parce qu’il y a de l’amour vrai, il y a de l’adultère, il y a de la jalousie, des tromperies… Mais, même si elle n’est pas toujours très belle, il y a surtout une énorme part d’Humanité.

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10 thoughts on “Anna Karenine. Leon Tolstoï

  1. J’ai vu comme toi le film avec Keira Knigthley il y a de cela un an et j’avais été beaucoup touchée par l’histoire, plus que le film en lui-même. Je ne me suis pas pencher sur le roman mais avec ton avis je pense en faire un futur achat et sûrement encore mieux apprécier l’oeuvre de Tolstoï.

    1. Si tu as aimé l’histoire dans le film, je ne peux que t’inviter à lire le roman ! L’histoire est plus complexe, mais plus intense encore !!

  2. Ca tombe bien, j’ai commencé à me faire une liste de classiques que j’ai envie de lire ou de relire… et tu l’as tellement bien vendu que j’ai envie de m’y mettre très vite !

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