Les heures souterraines. Delphine de Vigan

Il y a trois ans de cela, j’avais lu pendant mes vacances d’été le roman de Delphine de Vigan : Rien ne s’oppose à la nuit. Je l’avais débuté sans grande conviction, les autobiographies n’étant pas vraiment ma tasse de thé. J’étais ressortie de cette lecture avec un gros coup de cœur. Parce qu’il m’avait vraiment surpis. En juillet, j’ai donc décidé de réitérer avec cette auteure, et ai porté mon choix sur Les heures souterraines.

 

 

Synopsis

Chaque jour, Mathilde prend la ligne 9, puis la ligne 1, puis le RER D jusqu’au Vert-de-Maisons. Chaque jour, elle effectue les mêmes gestes, emprunte les mêmes couloirs de correspondance, monte dans les mêmes trains. Chaque jour, elle pointe, à la même heure, dans une entreprise où on ne l’attend plus. Car depuis quelques mois, sans que rien n’ait été dit, sans raison objective, Mathilde n’a plus rien à faire. Alors, elle laisse couler les heures. Ces heures dont elle ne parle pas, qu’elle cache à ses amis, à sa famille, ces heures dont elle a honte. Thibault travaille pour les Urgences Médicales de Paris. Chaque jour, il monte dans sa voiture, se rend aux adresses que le standard lui indique. Dans cette ville qui ne lui épargne rien, il est coincé dans un embouteillage, attend derrière un camion, cherche une place. Ici ou là, chaque jour, des gens l’attendent qui parfois ne verront que lui. Thibault connaît mieux que quiconque les petites maladies et les grands désastres, la vitesse de la ville et l’immense solitude qu’elle abrite. Mathilde et Thibault ne se connaissent pas. Ils ne sont que deux silhouettes parmi des millions. Deux silhouettes qui pourraient se rencontrer, se percuter, ou seulement se croiser. Un jour de mai. Autour d’eux, la ville se presse, se tend, jamais ne s’arrête. Autour d’eux s’agite un monde privé de douceur.

 

Mon avis

Alors là, je suis dans une situation un peu bizarre. Que je vous explique !! Quand j’ai refermé le livre, je me suis dit que ouais bof, ce roman il casse pas trois pattes à un canard. Les heures souterraines est un roman qui m’a un peu déçu. Et puis, j’ai commencé à réfléchir à ce que j’allais en dire dans ma chronique, et je me suis rendu compte au fur et à mesure que finalement je n’avais pas vraiment de points négatifs à faire ressortir. Au contraire, il y a plein de petites choses qui m’ont plues. Et pourtant ! Paradoxalement, je suis toujours convaincue que ce roman ne m’a pas satisfait… mais je ne sais pas pourquoi.
Absurdité, quand tu nous tiens…

Nous suivons simultanément la vie de Mathilde et celle de Thibault, deux parisiens parmi tant d’autres : malmenés par leur vie sentimentale, et/ou leur quotidien au travail. Deux personnes qui tentent d’avance dans la vie comme elles peuvent, avec leurs forces et leurs faiblesses. Mathilde et Thibault se ressemblent et en même temps ils sont tellement différents !! Personnellement, j’ai été plus touchée par l’histoire de Mathilde que par celle de Thibault. Est-ce parce que c’est une femme ? Parce que les chapitres qui lui sont consacrés sont plus nombreux ? Ou bien parce que le harcèlement moral, froid, pernicieux, qu’elle subit au quotidien au boulot me fait plus froid dans le dos ? Un peu des trois, certainement. Parce que c’est vrai qu’ele en affronte des difficultés, Mathilde ! A travers son personnage, c’est une souffrance psychologique de chaque instant qui est montrée. Vous savez, cette souffrance qui n’est jamais nommée, mais qui s’insinue dans chaque phrase, chaque geste ou comportement. Alors oui, Mathilde paraît souvent subir ce qui lui arrive, elle semble confinée dans une sorte d’immobilisme et de pessimisme ambiant… mais peut-on la blâmer ? D’autant plus que l’auteure insère cette histoire dans une ambiance qui n’a rien de réjouissant. Parce que le métro parisien, ce n’est pas l’endroit le plus fun du monde. Si, si, je vous assure….
De son côté, Thibault a aussi une vie bien compliquée. Sentimentalement, pour commencer. En effet, vivre d’un amour non réciproque n’est certainement pas la chose la plus chouette sur terre. Alors oui, il va quitter Lila, mais une séparation est rarement facile. Et quand en tant qu’urgentiste tu te retrouves à côtoyer au quotidien toute la misère du monde, remonter la pente peut s’avérer bien compliqué.

Si d’un côté, le personnage de Delphine subit elle-même la violence, le harcèlement, c’est à travers le regard de Thibault et donc des personnes qu’il croise, que cette violence nous est présentée. Deux points de vue différents que nous proposent l’auteure, et que je trouve très forts dans leur complémentarité.

Les heures souterraines est un roman sombre, pessimiste, où l’on cherche la lumière au bout du tunnel. A l’instar des protagonistes, j’avais hâte de m’échapper de ce métro, de cette moiteur, de cette proximité étouffante, me demandant quand est-ce que enfin, je pourrai de nouveau respirer.

D’une certaine manière, le roman m’a touché, ou plutôt ses personnages m’ont touchés. Je n’ai rien détesté dans ce récit : ni les personnages, ni la fin du roman, que je trouve vraiment juste. J’ai aimé le fait que Delphine de Vigan ne tombe pas dans le cliché tant attendu de la rencontre : ils se marièrent… Et pourtant… Je persiste à dire que ce roman ne m’a pas convaincue. Mais je suis incapable de vous en expliquer la raison…

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4 thoughts on “Les heures souterraines. Delphine de Vigan

  1. Je n’ai pas lu les « Heures souterraines », mais j’avais beaucoup aimé « No et moi » , de D de Vigan. J’éviterai donc celui-ci et choisirai plutôt » Rien ne s’oppose à la nuit ».

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