Le bâtard de Kosigan T1 : L’ombre du pouvoir. Fabien Cerutti

Lors du dernier salon du livre de Paris, je n’ai pas manqué de faire un petit tour du côté du stand des éditions Mnémos. J’apprécie particulièrement cette édition, non seulement pour les œuvres littéraires – essentiellement fantasy – proposées, mais surtout pour les couvertures que je trouve la plupart du temps juste sublimes. Alors, quand le libraire m’a parlé du Bâtard de Kosigan, je n’ai pas hésité longtemps avant de l’acquérir. D’autant plus que Fabien Cerutti, l’auteur, était présent pour une petite dédicace.

 

 

Synopsis

Le chevalier assassin, Pierre Cordwain de Kosigan, dirige une compagnie de mercenaires d’élite triés sur le volet. Surnommé le « Bâtard », exilé d’une puissante lignée bourguignonne et pourchassé par les siens, il met ses hommes, ses pouvoirs et son art de la manipulation au service des plus grandes maisons d’Europe.
En ce mois de novembre 1339, sa présence en Champagne, dernier fief des princesses elfiques d’Aëlenwil, en inquiète plus d’un. De tournois officiels en actions diplomatiques, de la boue des bas fonds jusqu’au lit des princesses, chacun de ses actes semble servir un but précis.
À l’évidence, un plan de grande envergure se dissimule derrière ces manigances. Mais bien malin qui pourra déterminer lequel…

 

Mon avis

Après l’excellent Même pas mort de Jean-Philippe Jaworski, puis cette lecture-ci, la première idée qui me vient en tête est que La Fantasy française a encore de beaux, très beaux jours devant elle. Et bien sûr, ce n’est pas pour me déplaire, loin s’en faut. Parce que oui, j’ai absolument kiffé ce roman.

Ce roman nous embarque dans une Histoire de France où la Fantasy s’est invitée. Enfin… une histoire de France revisitée, car si les lieux et certains personnages sont bien réels, d’autres ne sont que pure invention. Pour autant, nombre de ces personnages de fictions ne sont pas sans rappeler, à travers leur patronyme ou leur caractère, des noms de l’Histoire de France. A ceux-là, s’ajoutent quelques créatures tout droit sorties de l’univers Fantasy : elfes, nains….. Et c’est dans la joie, et la, parfois, mauvaise humeur, que ces braves gens vont s’affronter. Tout ça pour gagner quelque territoire : qui pour agrandir sa sacro-sainte Champagne, qui pour étendre son Royaume de France, ou qui encore pour déployer la l’Angleterre hors de ses frontières.
Affrontements directs, pourparlers et accords politiques sont de vigueur. Mais ce sont surtout les coups-bas et autres trahisons qui sont de mise. Et ces derniers ne manquent pas de faire les choux gras d’un certains Bâtard de Kosigan.

Pierre Cordwain de Kosigan est un mercenaire, un soldat de l’ombre. Moyennant monnaie, il se met au service des plus grands afin de les aider à se débarrasser de ceux qui voudraient leur faire de l’ombre. Le tout, dans la plus grande discrétion, bien entendu. Pour ce faire, il va s’entourer d’une équipe de mercernaires, chacun ayant sa force. J’ai d’ailleurs trouvé que les capacités des uns et des autres était vraiment bien exploitées.
C’est donc dans un contexte historique difficile, que le bâtard va prendre part au Tournoi de la Saint-Remi dans la ville de Troyes. Nul doute que ce tournoi est un clin d’œil aux fameuses foires de Champagne, qui avaient pour habitude de se tenir au moment de la Saint Rémi. Ce tournoi est non seulement l’occasion pour les seigneurs de faire asseoir leur autorité, mais aussi pour le bâtard de faire pleuvoir les contrats. Car quoi de mieux qu’un affrontement légal pour éliminer les invités les plus gênants ? Et c’est ainsi que Pierre Coldwain se retrouve au milieu d’une intrigue politique dont ni lui, ni le lecteur, ne connaissent finalement les tenants et les aboutissants. Et moi, c’est ça que j’ai aimé dans ce roman : on navigue dans une intrigue incertaine, dont les contours sont mal délimités, nous laissant mille et unes questions en suspens. Pour qui travaille vraiment le bâtard ? Il n’est pas toujours aisé d’y répondre, d’autant plus que lui-même ne le sait pas forcément… même lorsqu’il en est persuadé. Mais nul doute que ses agissement vont le mener bien loin, puisqu’en parallèle de cette épopée moyennâgeuse, nous suivons la correspondance d’un certain Kergaël de Kosigan, durant l’année 1899. Ce dernier, découvre qu’il a un héritier dont personne ne sait rien. Et c’est entre Londres, Paris et la Russie que ses pas vont le mener à la recherche de quelqu’indice pouvant lui en apprendre plus sur cet aïeul.
Entendons-nous bien, ce récit n’est pas à proprement parler un roman historique, puisque Fabien Cerutti prend de grandes libertés concernant la chronologie et les personnages. Il s’agit plutôt de se servir de l’Histoire pour en créer une parallèlement. Par moment, j’ai eu envie de vérifier si tel fait était pure invention ou bien faisaint référence à une réalite historique. Pour le côté réaliste de son histoire se déroulant au Moyen-Âge, je tire mon chapeau à l’auteur.
Et puis, il y a ce côté Fantasy qui vient se glisser au milieu de tout ça. Mais attention ! ici le fantastique se fait très, très discret. Si les elfes, nains et autres fées sont présents, ils se fondent parfaitement dans ce récit  bien ancré dans le moyen-âge français. Dans ce premier tome, nous en apprenons finalement très peu sur ces êtres fantastiques, et j’espère par la suite en découvrir plus les concernant. J’ai également souvent souri face aux nom elfiques, ces derniers me faisant irrémédiablement penser à des elfes croisés sur une certaine Terre du Milieu… Que ce soit voulu ou non de la part de l’auteur, j’ai aimé cette référence, car quelque part, j’avais l’impression de connaître déjà ces créatures…
Le bâtard est un personnage que j’aime beaucoup. Guerroyeur, bourru… et avec un humour à toute épreuve. J’aime le fait qu’il utilise aussi bien son physique pour se dépatouiller d’une situation dangereuse, que son esprit pour arriver au fin mot d’une histoire. J’ai ressenti à travers lui un personnage qui, avant de trouver des missions au-près des plus grands, se cherche d’abord lui-même. L’histoire, comme le personnage, nous réserve encore beaucoup de surprises, je pense, et ce n’est pas pour me déplaire.
Mais les autres personnages du récit ne sont pas en reste, notamment Dùn, une jeune femme dont les capacités physiques vont s’avérer salutaires à certains moments. J’espère en découvrir plus sur elle, savoir d’où elle vient. Mais également Edric, qui a tout pour devenir un personnage encore plus important dans la suite de la saga…

Mais en dehors de ces pérégrinations du XIVème siècle, nous suivons également une correspondance d’un descendant du bâtard, durant l’année 1899. Moi, les romans qui mettent en parallèle deux époques et deux histoires, ça me botte toujours. Et au début, quand j’ai vu que l’une des deux allait se faire via une correspondance, je me suis dit que ça allait être super intéressant. Oui mais voilà. Le descendant de Pierre Coldwain m’est apparu beaucoup plus distant, et j’ai eu du mal à vraiment m’intéresser aux contenu de ses lettres. Les premières lettres, je les ai un peu lues en diagonales. Et puis, d’un seul coup, paf ! Le déclic. J’ai réalisé que finalement, si l’histoire en rapport avec celle du bâtard se fait très claire, et que bien sûr j’ai hâte de connaître comment un héritage est arrivé jusqu’en 1899, l’intérêt de ces lettres réside essentiellement dans ce quotidien de la fin du 19ème siècle qui nous est décrit. Une époque où le réaliste, le rationnel s’oppose au Moyen-Âge des sorcières et autres croyances. Une époque qui voit émerger les début d’une technologie, de nouvelles techniques. Et pour le coup, ça devient génial de faire la comparaison entre les deux récits, entre les deux personnages. Suite à ça, j’ai même relu les premières lettres de Kergäel, au cas où quelque chose m’aurait échappé. En réalité, je n’ai rien découvert de vraiment primordial par rapport à ma première lecture, mais ça m’a permis de repartir avec un nouvel état d’esprit concernant l’intérêt de ces lettres.

Avec Le bâtard de Kosigan, Fabien Cerutti signe est excellent roman alliant parfaitement histoire et fantasy. L’intrigue reste encore floue, et le lecteur comme le personnage principal se demande où vont le mener tous ces jeux de pouvoirs. L’histoire ne manque pas de souffle, les rebondissements se font nombreux, parfois imprévus, parfois moins. L’auteur a su alterner les passages plus descriptifs aux moments intenses, et pour ma part, jamais je ne me suis ennuyée pendant ma lecture.

Et maintenant ? Et bien je suis impatiente de lire la suite… parce que quand même ! L’épilogue nous laisse dans une situation très.. intriguante. En attendant, je vais surveiller les salons littéraires. Parce que quite à avoir une ptite dédicace sur le tome 1, autant l’avoir sur le second ^^.

Rendez-vous sur Hellocoton !

2 thoughts on “Le bâtard de Kosigan T1 : L’ombre du pouvoir. Fabien Cerutti

Laisser un commentaire