Même pas mort. Jean Philippe Jaworski

Il y a quelques années de cela, j’étais un jour tombée sur un livre qui m’avait immédiatement semblé très prometteur : Janua Vera, de Jean-Philippe Jaworski. Et en effet, j’avais beaucoup aimé ce roman. Si je ne vous en ai jamais parlé, c’est parce qu’au moment de ma lecture, je n’avais pas de blog, et d’ailleurs je n’avais même pas l’idée de discuter bouquin sur un blog.
Quoiqu’il en soit, blog ou pas blog, j’avais noté dans ma petite tête qu’il faudrait un jour que je lise un nouveau roman de Jaworski. Et justement, depuis quelques mois, son roman Même pas mort est visible un peu partout, dans les librairies, sur les forums, les blogs. Bref, de quoi me donner envie de le lire, moi aussi.

 

 

Synopsis

Je m’appelle Bellovèse, fils de Sacrovèse, fils de Belinos. Pendant la Guerre des Sangliers, mon oncle Ambigat a tué mon père. Entre beaux-frères, ce sont des choses qui arrivent. Surtout quand il s’agit de rois de tribus rivales… Ma mère, mon frère et moi, nous avons été exilés au fond du royaume biturige. Parce que nous étions de son sang, parce qu’il n’est guère glorieux de tuer des enfants, Ambigat nous a épargnés.

Là-dessus, le temps a suivi son cours. Nous avons grandi. Alors mon oncle s’est souvenu de nous. Il a voulu régler ce vieux problème : mon frère et moi, il nous a envoyés guerroyer contre les Ambrones. Il misait sur notre témérité et notre inexpérience, ainsi que sur la vaillance des Ambrones. Il avait raison : dès le début des combats, nous nous sommes jetés au milieu du péril. Comme prévu, je suis tombé dans un fourré de lances. Mais il est arrivé un accident. Je ne suis pas mort.

 

Mon avis

Monsieur Jaworski, il est possible que vous ne lisiez jamais cette petite bafouille, il n’empêche que j’ai envie de vous dire Merci !! Merci de nous démontrer, avec ce texte, à quel point la langue française est riche, belle, possède un vocabulaire varié. Et surtout, merci à vous d’utiliser cette richesse pour nous servir l’histoire fort captivante qu’est Même pas Mort.
Vous l’aurez compris, j’ai beaucoup, beaucoup aimé ce premier tome. Car oui, Même pas mort n’est que le début de la saga intitulée Rois du Monde.

Chers amis, je vous souhaite la bienvenue dans le monde des Celtes. Durant votre périple, vous croiserez des morts, des gens qui sont mort mais en fait non c’est pas sûr, vous verrez couler du sang, beaucoup de sang. Vous évoluerez dans un univers où la magie se fait très présente, mais néanmoins très subtile. Eh oui ! Il faudra parfois être patient et attentif pour détecter une trace de magie.
Au début, vous verrez qu’il y a plein de personnages, et donc plein de noms à retenir. Alors peut-être que comme moi, vous allez vous arracher un ou deux cheveux. Mais pas de panique ! vous allez vite réaliser que finalement, il n’est pas si difficile de s’y retrouver. Vous devriez rapidement repérer les personnages les plus importants de ceux n’intervenant qu’en second voir troisième plan, puisque moi j’ai bien réussi à le faire !

Donc, comme je le disais, Même pas mort se déroule dans un univers Celtique. Et ça, c’est plutôt chouette, car cela change de l’Heroïc Fantasy à l’ambiance Moyenâgeuse, peuplé de nains, d’elfes et de magiciens (quoique l’on puisse en retrouver certains parmi les celtes). Mais surtout ce que j’ai vraiment, vraiment apprécié, c’est la précision avec laquelle l’auteur nous emmène dans son monde. Parce que oui, ces guerres, ces histoires de clans, de familles, ces trahisons et ces alliances, et bien tu y crois. Tu es même prêt à te persuader que quelque part, le fondement de l’histoire est basé sur des faits historiques réels. Des faits réels auxquels se serait invitée la magie des celtes, avec ses druides et autres créatures mystiques. Le fait d’encrer la magie dans une histoire très réaliste me plait énormément. Bien souvent le côté fantastique et le réel sont très proches l’un de l’autre, et cela est aussi troublant que fascinant. On ne sait jamais quand la magie va opérer, ou bien si l’on va rester dans une réalité bien humaine. Le merveilleux est partout et nulle part.

L’histoire qui nous est contée est celle de Bellovèse, un jeune guerrier qui se fait tuer lors d’une bataille. Et cette histoire, c’est Bellovèse lui-même qui nous la raconte, car par un hasard, une chance ou une malédiction quelconque, la mort n’a pas voulu de lui. Et ça, ça chagrine un peu son entourage. Il va donc falloir chercher des réponses et tenter de comprendre pourquoi ce cher Bellovèse n’a pas le droit à son repos éternel. Sur cette quête, je ne vous en dirai pas plus, car celle-ci se découvre, se vit. Et JP Jaworski la raconte si bien qu’il serait dommage de vous gâcher ce plaisir.
Très vite, on découvre que le récit n’est en rien linéaire ni chronologique. Preuve en est , au début nous faisons connaissance avec un Bellovèse bien âge, avant de découvrir sa prime jeunesse, puis de faire quelques aller retour dans sa vie. Dit comme ça, on pourrait penser avoir à faire un roman fouillis, destiné à faire des nœuds au cerveau du plus fervent des lecteurs. En fait pas du tout. Malgré cette singularité structurelle, il est aisé de suivre le fil conducteur de l’histoire.
Bellovèse est un personnage bien singulier. Après les premières pages, et donc après avoir fait connaissance d’un homme âgé, traînant une vie que je devinais bien mouvementée, j’ai été quelque peu étonnée de découvrir un jeune homme finalement bien naïf et pas si bien préparé que ça à la suite des événements. Ok, vous allez me dire, t’en connais beaucoup des gens qui sont préparer à se retrouver ni vraiment mort, ni vraiment vivant ? Je ne peux pas dire que j’aie trouvé l’homme vraiment attachant, mais il a je trouve un charisme digne d’un grand héros, capable de transmettre la moindre petite émotion qui l’habite.

Même pas mort, c’est une histoire merveilleuse, dans tous les sens du terme. Un récit qui m’a ravi pour son côté fantastique, mais aussi pour son côté épique et historique (même si l’auteur a souligné lors d’une interview qu’il ne s’agit pas d’un roman historique). Mais surtout, j’ai été enchantée de lire un roman à l’écriture si précise, usant de la richesse du lexique de la langue française. Et qu’un auteur contemporain puisse démontrer d’une telle façon que vocabulaire varié ou peu usité ne signifie pas style pompeux et incompréhensible du grand public, je trouve ça très positif. Et ça me fait du bien au moral.
Alors… vivement que je lise la suite !

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