American Fays. Anne Fakhouri et Xavier Dollo

Quand j’ai vu cette couverture j’ai craqué ! Avant même de m’intéresser à l’histoire et à l’auteur, je le voulais dans ma bibliothèque. Ouais, j’suis comme ça ! J’aime acheter des livres parce qu’ils sont beaux et que ça fait classe dans ma bibliothèque.
Et puis bon, j’ai quand même jeté un œil à l’intrigue : une histoire de fays qui se déroule dans le Chicago des années 30 ? J’approuve !!
Un roman écrit en duo par Anne Fakhouri et Xavier Dollo. Si je ne connaissais pas la première, j’ai en revanche lu deux œuvres de Xavier Dollo, sous son pseudo Thomas Geha : Les créateurs, et A comme Alone. Deux livres que j’avais beaucoup appréciés d’ailleurs.
Bref, il était impossible que ce livre ne se retrouve pas dans ma bibliothèque.

 

 

Synopsis

Ce Chicago de 1925 a tout du chaudron prêt à exploser ! Entre les Leprechauns mouillés dans la fabrication de faux billets et les gangs qui s’activent en coulisses pour s’emparer des marchés de l’alcool et des speakeasies, autant dire qu’il y a de l’orage dans l’air. Et tandis qu’Al Capone tente de retrouver son influence sur la ville, voilà que des Drys, farouches partisans de la Prohibition, sont atrocement assassinés.
Scarface devient, aux yeux des autorités, le suspect idéal. Furieux et persuadé que les Fays sont dans le coup, il charge une bande de chasseurs de Fays, les No Ears Four, de débusquer les véritables coupables.
Pour Old Odd et son équipe, les ennuis ne font que commencer. Contraints de plonger dans les entrailles d’une ville corrompue et en proie aux guerres des gangs, les quatre nettoyeurs ont intérêt à se serrer les coudes s’ils veulent survivre à la tempête qui s’annonce. Car, quand la Fayrie est impliquée, mieux vaut ne pas trop traîner dans l’œil du cyclone !

 

Mon avis

Avoir un bel objet livre dans sa bibliothèque, c’est cool. Mais quand en plus le contenu dudit livre s’avère être bon, c’est encore plus fun. Parce que oui, l’histoire m’a beaucoup plu.
Nous sommes dans les années 20, en pleine prohibition, et Chicago vit des heures graves. En effet, Al Capone ne règne plus en maître de la contrebande, et ça ne lui plaît que moyennement. Mais quand en plus il se voit accuser de meurtres mystérieux qu’il n’a pas commis, il aime encore moins. Il va donc faire appel à un quatuor : Les No ears four, pour mettre un terme à tout cela, et surtout trouver le vrai responsable.

Dès les premières pages, on rentre immédiatement dans l’action. Comme dirait l’autre, on met les deux pieds dans le plat. Pas le temps de réflechir où on est, qui sont les personnages etc… On comprend dès le début qu’il va y avoir de l’action, on suppose que les temps morts seront très limités. Et si certains romans ont besoin de temps pour se mettre en place, ou nécessitent que le lecteur prenne ses marques, pour American Fays, le principe de l’immersion totale dans l’histoire fonctionne super bien. Je dirais même que c’était LA façon dont le roman devait commencer.
Alors forcément, après un début tonitruant, j’avais hâte d’enchaîner, tout en espérant que le soufflé ne retombe pas  aussi vite qu’il a pris. Et je n’ai pas été déçue, même si la toute fin de l’histoire m’a légèrement laissée sur ma faim (y’avait pas assez de soufflé ^^). Disons que je regrette un peu le happy end qui à mon avis ne colle pas aux caractères des personnages.

American Fays, c’est donc un mélange de policier et de fantastique. Et les deux genres sont rondement bien menés. Nous avons droit à une intrigue policière bien ficelée, avec des rebondissements, certes parfois prévisibles, mais toutefois bien amenés. J’ai adoré me retrouver plongée dans cette atmosphère des années 20, et en lisant je me figurais cette ambiance à la fois Jazzy comme dans Gatsby le magnifique, et l’ombre de la prohibition telle qu’elle est racontée dans Les incorruptibles. L’écriture est très visuelle, et ça me plait beaucoup. Mais j’ai surtout aimé l’ambiguité présente à chaque instant. En effet, nous avons des méchants pas très méchants, des gentils, un peu gentils quand même, mais sans tomber dans une des caricatures suivantes : les méchanvilains vs les gentitoubo ou a contrario Les méchants-mais-çasvoyaitro-quenfait-cétépaheu-lévréméchan. Bref, le doute reste présent jusqu’au bout, et ça c’est carrément cool.
Au milieu de tout ça, nous avons donc le côté fantastique, ou plutôt fayrique. J’ai trouvé vraiment intéressant de découvrir le monde des fays, dont mes connaissances sont assez limitées. Toutefois, je me dis que pour quelqu’un qui n’y connait rien du tout, il est facile de se perdre dans toutes ces descriptions. Différencier une créature de l’autre n’est pas toujours chose aisée, même pour moi qui pourtant en avais déjà rencontré quelques unes lors de précédentes lectures. Du coup, je ne sais pas ce que j’aurais préféré : Croiser moins de fays pour ne pas risquer de m’y perdre ? Ou avoir un petit lexique en annexe pour pouvoir m’y référer si besoin ? Quoiqu’il en soit, j’ai été beaucoup plus saisie par le côté polar que par le côté fantastique.

Bon, et si je vous parlais un peu des personnages ? Et en particulier des fameux No ears four. Les quatre compères représentent la crème de la crème (décidément, j’ai l’esprit culinaire ^^) en matière de stéréotype. Et c’est ça qu’est bon ! Parce que les auteurs jouent là-dessus, en abuse, le tourne en dérision, mais à aucun moment ne rendent l’effet ridicule.
Nous avons donc : Le cerveau, vieux de la vieille qui en a vu des vertes et surtout des pas mûres. Le tombeur de ces dames et de ces fays, usant et abusant de son charme naturel. L’assassin dont on ne sait rien, qui fait flipper et que t’aimerais pas croiser dans une rue sombre. La grosse brute qui exécute et qui ne fait pas la différence entre le le sens propre et le sens figuré. En clair, 4 types qui seuls seraient bien vite dans la mouise, mais qui vont réussir à former une équipe qui détonne. Et forcément, avec de tels personnages on peut s’attendre à des situations rocambolesques. A plusieurs reprises, j’ai souri en les voyant tenter de se dépétrer de situations imprévisibles. J’ai beaucoup aimé le décalage humoristique qu’apportait ce quatuor avec l’intrigue de fond, qui elle, sans être d’une noirceur extrême, n’est pas vraiment teintée d’humour. Cela donne une certaine légèreté à l’histoire, c’est vraiment bien trouvé.

Comme je le disais, au début, si j’ai déjà lu des nouvelles et un roman de Thomas Geha, alias Xavier Dollo, je n’ai par contre jamais croisé la plume d’Anne Fakhouri. Je ne savais donc pas trop à quoi m’attendre point de vue style pour cette écriture en duo. Ce que j’ai aimé dans A comme Alone, c’est le côté humour de merde du personnage principal. Les blagues à deux balles, c’est très con, mais l’auteur sait y faire. Je m’attendais donc à retrouver un peu ce style, notamment avec les quatre personnages principaux. Malheureusement pour moi, ce ne fut pas vraiment le cas. Je ne dirais pas que je suis déçue, car après tout, peut-être est-ce moi qui en attendais trop ? Mais j’avoue qu’il m’a manqué un petit quelque chose dans l’écriture. Quant à savoir qui a écrit quoi ? Je serais bien incapable de répondre, car le style est super fluide, hyper dynamique. Il ne souffre d’aucun temps mort, et pour ma part je n’ai jamais décelé de rupture.

En conclusion, American Fays n’est pas parfait, c’est vrai, mais j’ai tout de même adoré ce roman. J’ai kiffé l’ambiance du Chicago des années 20. J’ai pris plaisir à suivre les aventures du quatuor, et personnellement, je ne serais pas contre les rencontrer à nouveau dans d’autres aventures…

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