Autant en emporte le vent. Margaret Mitchell

La première fois que j’ai vu le film Autant en emporte le vent, je devais avoir 13 ans. J’avais adoré cette histoire d’amour, j’étais amoureuse de Rhett Butler, et j’hésitais vaguement à me lancer dans des études de Scarlett-Oharalogie (surtout pour étudier ses robes, en fait). A l’époque, j’ignorais qu’avant le film il y avait un livre. J’ignorais que ledit livre faisait plus de 1000 pages. A l’époque, j’avais vu un film avec une histoire d’amour impossible, des beaux costumes… et puis c’est tout. Et ça m’avait plu. Le fait qu’il y ait aussi un contexte historique m’était totalement passé au-dessus de la tête.
Et quand j’ai revu le film quelques années plus tard, là, j’ai compris la portée du film, au-delà de la relation entre Scarlett et Rhett. J’ai aussi découvert qu’il existait un livre. De plus de 1000 pages. Ah oui quand même… Ouais, un jour peut-être… Mais 1000 pages quoi ! A 17 ans, les livres de 1000 pages, ce n’était pas ma tasse de thé.
En attendant, j’ai revu le film 2 ou 3 fois.
Avant de me décider à lire ce gros pavé. Parce que quand même, l’histoire est tellement belle, qu’il fallait que la lise…

 

 

Synopsis

En Georgie, en 1861, Scarlett O’Hara est une jeune femme fière et volontaire de la haute société sudiste. Courtisée par tous les bons partis du pays, elle n’a d’yeux que pour Ashley Wilkes malgré ses fiançailles avec sa douce et timide cousine, Melanie Hamilton. Scarlett est pourtant bien décidée à le faire changer d’avis, mais à la réception des Douze Chênes c’est du cynique Rhett Butler qu’elle retient l’attention. C’est alors que la guerre de Sécession éclate bouleversant leurs vies à jamais…

 

Mon avis

Autant en emporte le vent, c’est donc une histoire d’amour sur fond historique. Et si je ne suis pas forcément une grande fan des romances, quand celle-ci s’appuie sur un épisode de l’Histoire, et bien là, je peux devenir une fervente admiratrice de ce genre de roman.
Donc, j’ai adoré ce roman !!
Bon, je savais déjà de quoi causait le livre, grâce à mes multiples visionnages du film. Je savais donc dans quoi je m’embarquais, toutefois dans mon for intérieur, j’espérais malgré tout avoir quelques suprises. Ce qui fut le cas, puisque sur certains aspects, j’ai eu l’impression de redécouvrir cette magnifique fresque.

Autant en emporte le vent, ce sont des personnages forts, marquants. A commencer par l’héroïne, Scarlett O’hara. Cette jeune fille, très moderne, peut-être même un peu trop moderne, selon certains. Elle est belle, elle est capricieuse, elle sait ce qu’elle veut. En gros, elle a tout de la parfaite panoplie de l’héroïne qu’on voudrait détester. Mais Scarlett a aussi une sacrée volonté, et elle ne se laisse pas abattre par les événements qui lui tombent dessus, même si elle doit renoncer à tout sentiment pour cela. Et des épreuves, elle va en rencontrer quelques unes ! Entre un premier mariage qui n’a rien de très glorieux, la découverte de la mort de sa mère, et son père sombrant dans la folie, la jeune femme n’est pas épargnée. Entre l’envie de lui donner des claques pour son côté tête à claque, et mon admiration pour cette femme déterminée, mon cœur n’a cessé de balancer pendant ma lecture. Scarlett est un arriviste. Elle est prête à tout pour arriver à ses fins… et certaines méthodes m’ont hérissé le poil. Mais voir la détermination qu’elle jette dans ces défis de réussite force l’admiration…
Ensuite, il y a Rhett Butler. Ah Rhett…. Ce nordiste, vu d’un mauvais œil par les yankees. Cet homme non dénué de défauts, mais au charisme incomparable. C’est un homme rusé, qui n’hésite pas à se montrer intransigeant envers ces sudistes qu’il considère en quelque sorte comme étant arriérés. Mais au contact de Scarlett, son comportement va changer, comme celui de Scarlett changera au-près de lui. Et pourtant, c’est quand même une petite déception de le voir, lui pourtant si arrogant, si prompt à s’opposer aux convictions des autres, baisser les bras face à une Scarlett trop caractérielle. J’aurais tant aimé qu’il se montre plus fort face à elle… Mais c’est aussi ce qui fait le charme et la force de ce roman.

Autant en emporte le vent, c’est aussi un fond historique des plus remarquables.
Nous sommes en 1861, et la Guerre de Secession menace d’éclater. Les sudistes voient d’un mauvais œil l’arrivée de Lincoln au pouvoir, ce qui provoquera le début des révoltes.
De la guerre de Secession, je ne connais pas grand-chose. Mais surtout j’avais une vision très stéréotypée de ce conflit : Le nord qui était pour l’abolitionnisme de l’esclavage, vs le sud pour qui les noirs étant une race inférieure, ne méritaient pas mieux que l’esclavage. Et de découvrir que finalement ça n’était pas aussi simple que cela, m’a donné envie d’en apprendre plus sur cette période de l’histoire américaine. Car comme on peut le constater à travers la relation qui lie Mamma à Scarlett, ou d’autres esclaves à leur maître, si les Sudistes considéraient les noirs comme inférieurs, ils avaient tout de même un certain respect pour eux, et étaient même très protecteurs à leur encontre. Alors oui, cela est assez étrange de réaliser que finalement si certains propriétaires ne voyaient pas d’un bon œil l’abolitionnisme, certains esclaves n’étaient pas plus enclin à profiter d’une liberté nouvelle. Ce roman ne se contente pas de nous narrer une romance tout en y incluant un peu d’Histoire américaine, il nous pousse à réfléchir, à remettre en question l’idée que l’on peut se faire de cette période. Et c’est pour tout cela que Autant en emporte le vent peut être considéré comme un roman historique à part entière.

Lire un roman de 1200 pages, aussi passionnante que soit l’histoire, ne peut me conquérir si la plume de l’auteur ne me plaît pas. Et Margaret Mitchell a une écriture vraiment très agréable. Son style est fluide, bien ancré dans l’époquer de l’intrigue, et en même temps très moderne. J’ai aimé les descriptions historiques, qui tout en étant assez complètes, ne sont jamais lourdes et s’associent parfaitement à l’intrigue se jouant entre les différents personnages.
Au final, j’ai pris un énorme plaisir à lire ce pavé qu’est Autant en emporte le vent. Et je regrette de ne pas l’avoir fait plus tôt.

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4 thoughts on “Autant en emporte le vent. Margaret Mitchell

  1. J’ai lu ce livre pour la première fois, à 15ans, et pour moi c’est associé au Kazatchok chanté par Ivan Rebroff
    J’ai relu ce roman et vu le film, plusieurs fois depuis
    Plus tard j’ai lu la suite Scarlett et il y a 5ans maintenant, le clan Rhett Butler (je crois que c’est le titre) écrits tous 2 par des auteurs contemporains qui se sont bien approprié le style du 1er roman.
    C’est original d’en parler aujourd’hui, ça éveille pleins de souvenirs heureux, merci

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