Pendant le reste du voyage, j’ai tiré sur les indiens. Fabio Geda

Au début de l’année, je me suis inscrite au challenge « Un livre V.O. par mois ». Etant donné que j’envisageais effectivement de me remettre à la lecture en langue étrangère, ce challenge tombait à point nommé. Pour ma part je me suis fixé l’objectif suivant : Un livre en italien et un livre en anglais par mois. Jusque là, je tiens mon pari. Pourvu que ça dure ^^.
Et donc, tous les mois, j’écume les rayons de la médiathèque ou encore les livres gratuits sur liseuse pour trouver mes lectures mensuelles.

C’est au rayon des livres italiens de ma médiathèque que j’ai déniché mon roman italien du mois. Le titre, bizarre s’il en est, m’a intrigué, je voulais donc savoir qui donc tirait sur des indiens.

 

Ouais, parce que le titre français est « Pendant le reste du voyage, j’ai tiré sur les indiens ».

 

Synopsis

Turin, décembre 2003. Emil, roumain en situation irrégulière, n’a que treize ans et son sac Jansport où il garde précieusement ses BD de Tex, « le cow-boy qui gagne toujours ». Il porte aussi sur lui les lettres de son fantasque de grand-père qui fait un théâtre de rue qualifié de « violemment pacifique » par les autorités. Seul, Emil n’a d’autre choix que de partir à la recherche du grand-père qui se trouve… quelque part en Europe. Tour à tour gamin débrouillard, enfant des rues, mascotte d’une bande de jeunes zonards, et amoureux des mots, Emil affronte les épreuves de la vie, tout au long de ses pérégrinations.

 

Mon avis

Ce roman est un petit bijou. Un lecture pleine de surprises et de rebondissements. Un livre qui traite d’un sujet qui est loin d’ête léger et innocent, mais d’une manière… légère et presque innocente.

Emil est roumain, il a 13 ans et il vit à Turin avec son père et la copine de celui-ci. Clandestinement. Quand papa va être rapatrié en Roumanie et jeté en prison, Emil va se retrouver seul. Il décide donc de partir à la recherche de son fantasque grand-père. Seul problème : il ne sait pas où est son grand-père. A Berlin, comme l’indique sa dernière lettre ? Rien n’est moins sûr…

Quand t’as 13 ans et que tu te retrouves livré à toi-même, et bien au début tu ne fais pas le fier. Voir même t’as un peu les pétoches. Emil, lui, a trouvé la solution : s’imaginer dans la peau de son héros de bande dessinée : Tex, le cowboy qui gagne toujours ». Parce que Tex, il peut tout affronter, il trouve toujours une solution. Un croisement entre MacGyver et Chuck Norris, en fait. Alors Emil, il a envie lui aussi d’affronter son destin positivement. Parce que bon, ce n’est pas parce qu’il a 13 ans, qu’il est encore un gamin, et que la vie ne lui fait pas de cadeau qu’il doit être triste et morose ! Il n’est pas là pour nous tirer les larmes face à sa situation désastreuse, parfois presque inhumaine, de sans-papier roumain, mais pour nous montrer que oui, même dans ses pires moments, un peu d’humour et beaucoup de naïveté sont toujours plus agréables. Plus percutants également.
Voilà en résumé ce qu’a fait ressortir ce roman pour moi.

C’est donc dans cet état d’esprit qu’Emil va nous emmener avec lui dans un tour d’Europe digne des plus grandes épopées. Un voyage qu’il n’effectuera pas seul, puisque des marginaux altermondialistes vont l’accompagner. Au moins jusqu’à Berlin. Et c’est qu’on s’attache à tous ces personnages, avec leurs idées de monde meilleur, leur naïveté, leur folie douce… De même que je me suis très vite pris d’affection pour Emil, non pas seulement pour son aspect enfant en détresse mais plein d’humour, mais également parce que ce garçon donne l’impression d’attirer la sympathie naturellement.

L’épopée ne sera pas de tout repos, et le jeune homme va devoir faire face à des situations compliquées. Mais c’est aussi un panorama des traditions européennes qui nous est donné de voir. Car Emil va également vivre des tas de choses passionnantes, comme par exemple découvrir le Cassoulet à Carcassonne. Et de l’avis même de notre héros, ce sont ces moments-là dont il faut se rappeler.
Bien sûr, il y a aussi ce fameux grand-père qu’il faut retrouver. Un grand-père qu’Emil ne connait qu’à travers ses lettres, mais qui laisse percevoir énormément de sa personnalité. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que c’est un personnage. Un concept à lui tout seul. Seulement, aussi barré que soit son aïeul, ce qui compte pour Emil est qu’il soit de la famille. Et pour ce garçon qui a perdu toute racine, il est aisé d’imaginer qu’il suffit d’une toute petite branche où se raccrocher pour aller bien. C’est entre autre cet espoir, cette envie de garder un lien familial qui va aider Emil à affronter toutes les épreuves. Un espoir qui va garder éveillé son courage.

Avec ce roman, Fabio Geda nous offre une histoire pleine de vie, emplie d’humour et d’innocence sur un sujet pourtant terriblement sensible. Si en effet, l’auteur semble traîter le thème d’une façon légère, il est indéniable qu’il a su insuffler dans cette histoire toute la gravité de la situation.

 

Côté challenge :


Challenge en cours chez Eimelle

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