Lait de tigre. Stefanie de Velasco

Quand Babelio m’a proposé de recevoir le roman intitulé Lait de tigre, j’ai tout de suite accepté. Déjà parce que le titre me plaisait bien, ensuite parce que le résumé aussi. Un roman de filles, qui parle d’amitié, de révoltes… ça me bottait bien ! Je tiens donc à remercier Babelio et les éditions Belfond de m’avoir envoyé ce roman.

 

 

Synopsis

C’est l’histoire de Nini et de Jameelah, deux copines de quatorze ans qui picolent dans les toilettes du lycée, piquent des sweats dans les magasins pour le fun et enfilent des bas résille pour aguicher les passants sur le Ku’Damm. C’est l’histoire d’un quartier de Berlin où il n’y a que des tours, un terrain vague et une station de métro désaffectée. Où toutes les nationalités se côtoient, souvent pour le meilleur, parfois pour le pire. C’est l’histoire d’un crime commis pour l’honneur et qui va tout détruire. C’est l’histoire d’une jeunesse désenchantée qui cherche dans l’alcool, la drogue et le sexe l’étourdissement pour mieux pouvoir affronter la réalité. C’est l’histoire d’une amitié de filles qui, un soir d’été, va voler en éclats…

 

Mon avis

Il y a des romans que l’on considère au début comme « un roman de plus de lu », et qui par la force des choses vous marquent plus que vous ne vous seriez imaginé. Lait de tigre fait partie de ceux-là.

Ce roman, c’est l’histoire de deux jeune filles de 14 ans. Des laissées-pour-compte, des filles sans vrais repères familiaux, livrées à elles-même. Des filles qui veulent grandir trop vite. Parce qu’à 14 ans l’amitié est invincible. A 14 ans, on peut jouer les grandes, mettre des bas résilles pour aller traîner à La planète. On invente un cocktail, mélange de lait, de jus de fruit de la passion et de macrion, que l’on appellera lait de tigre. A 14 ans, elles se disent qu’il serait temps de passer aux choses sérieuses et découvrir si c’est vrai que la première fois ça fait mal et ça saigne beaucoup….
Mais elles ont beau jouer les grandes, le soir où elles sont le témoin direct d’un meurtre, les choses vont changer. A commencer par cette amitié indestructible.

Ce roman je l’ai d’abord trouvé moyen. Tout d’abord parce que dans le synopsis on parle de meurtre. Alors moi, je l’attendais dans la première partie du livre. En réalité, il arrive assez tard, et s’il a son importance, ce n’est pas le sujet principal du livre. Non, le sujet principal c’est cette jeunesse allemande oubliée, dans cette banlieue de Berlin. C’est cette amitié entre Nini et Jameelah. C’est ce quotidien qu’elles affrontent comme elles peuvent, se croyant prêtes à entrer dans la cour des grands, alors que l’enfance n’est qu’à un pas derrière elles. Deux filles aux caractères bien trempés qui veulent montrer qu’elles ne sont pas d’innocentes petites filles… et pourtant encore si naïves.

Pendant un bon moment de ma lecture, je ne savais pas quoi penser de ce roman. Les deux filles sont attachantes, la description que l’auteure fait de ce quotidien plutôt poignant. Oui mais voilà. Le style est simple, minimaliste même. Le vocabulaire peu enrichi, les dialogues manquent de contenance. Alors, l’espace d’un instant, j’ai eu peur de m’ennuyer à la longue. Jusqu’à ce que je prenne conscience qu’en fait il ne pouvait pas en être autrement. Comment écrire en langage soutenu alors que l’héroïne a un manque de culture évident ? En réalité, le style est on ne peut plus approprié à l’histoire. Il colle parfaitement à Nini et Jameelah. Alors, et bien on se décolle de cet a priori de styla bâclé, et on se laisse happer par l’histoire de ces adolescentes. Et moi qui redoutais de lire un roman sans reliefs sur deux adolescentes paumées, j’ai découvert un récit où l’amitié n’a pas de limite, où la révolte devient un moyen d’expression obligatoire si l’on veut se faire entendre. Où les épreuves te rappelle quotidiennement que la vie n’est pas un long fleuve tranquille, mais qu’il existe des tas de possibilités pour naviguer dessus.

Finalement, Lait de tigre m’a touché plus que je ne le pensais. Pour la façon simple et directe dont l’auteure nous raconte l’histoire, pour ces deux ados à qui j’aurais bien donné quelques paires de claques pour toutes leurs conneries…. Ou consolé pour cette vie bien trop dure quand on a 14 ans. Pour cette description d’une certaine jeunesse Berlinoise bien crue, et pourtant bien hélas bien réaliste.

Rendez-vous sur Hellocoton !

3 thoughts on “Lait de tigre. Stefanie de Velasco

Laisser un commentaire