Tu n’as jamais vraiment été là

C’est tout à fait par hasard que je suis tombée sur ce livre, dans ma médiathèque. En fait, je cherchait un roman assez court, que je puisse lire en une petite heure, le temps d’un trajet en train. Celui-ci fait moins de 100 pages, c’était parfait.

 

 

Synopsis

Joe, ancien marine et ex-agent du FBI, a eu son compte de scènes de crimes.
Et ce n’est pas sa vie sentimentale ou amicale qui va lui mettre du baume au cœur : solitaire et tourmenté, il ne se lie à personne. Lorsqu’un homme politique de premier plan l’engage pour exfiltrer sa fille adolescente des griffes de la prostitution, il découvre un réseau de corruption inimaginable. Quand la seule personne à qui il tient encore est enlevée, Joe renonce à sa promesse de ne pas faire de mal. Et s’il y a quelqu’un qui sait tuer pour la vérité, c’est bien Joe…

 

 

Mon avis

Avec ce livre, il s’est passé quelque chose d’étrange. Quand j’ai refermé ce livre, je me suis dit que ouais, c’est un thriller qui se défend bien, ça se laisse lire, mais bon, pas de quoi en faire un fromage quoi ! Bref, un thriller parmi tant d’autres. Et puis, en commençant à réfléchir à ce que j’allais dire dans mon billet, et donc en repensant à l’histoire, et bien j’ai réalisé que finalement, ce roman m’avait bien plus séduit que ce que je pensais. Et que finalement, il fait plus que « bien se défendre ». Oui, en réalité j’ai vraiment aimé cette lecture, malgré ses quelques petits défauts.

De par sa structure et son format court, ce thriller m’a tout de suite fait penser à un épisode de série américaine. En effet, on suit un personnage, Joe, dans un histoire d’enlèvement, de mafia, de corruption. Et ce Joe, avec ses faiblesses, son passé pas toujours évident, voir même carrément difficile, bah il a son caractère et il ne fait pas toujours dans la dentelle. Alors très vite, je me le suis imaginé en personnage principal d’une série. Et il faut croire que j’ai du flair, car ce n’est qu’à la fin de ma lecture que j’ai découvert que Jonathan Ames avait écrit une série pour HBO.

J’ai trouvé très judicieuse la construction du roman. En effet, les premières pages nous racontent le moment même ou Joe extirpe la jeune fille des griffes de ses malfaiteurs, pour ensuite revenir en arrière et dérouler l’histoire jusqu’à après la libération de la fille. Cela nous plonge directement au cœur de l’action, et en tant que lecteur on n’a pas le temps de se poser des questions. De plus, du fait qu’il y ait peu de pages ajoute au dynamisme de l’histoire et j’ai même eu l’impression que l’auteur insufflait à cette histoire une sentiment d’urgence pour le personnage principal, comme s’il avait voulu l’interdire de respirer. Et forcément, le lecteur prend le pas sur le personnage et lui aussi ressent ce besoin d’enchaîner et d’aller au bout de sa mission/lecture.
Oui, vraiment j’ai été happée par l’intrigue en elle-même.

Mais alors, pourquoi au début ce sentiment de roman mitigé sur ce roman ?
Et bien parce qu’il y a quelque chose qui m’a perturbé dans l’écriture concernant le personnage de Joe. J’ai trouvé que l’auteur le rendait trop mécanique et même déshumanisé par la façon dont il décrit ses agissements. Très vite, on comprend que Joe c’est pas le gars qui va démarrer La chenille dans la prochaine fête du village. Joe, c’est un taciturne, un bougon solitaire, parce que la vie la rendu comme ça, et qu’il est bien déterminé à le lui rendre. Bref, on comprend que Joe, faut pas trop le chercher. Des personnages comme ça, on en croise d’autres dans la littérature, et d’habitude j’aime bien ce genre de gars, et surtout j’aime chercher le côté humain et civilisé qui est enfoui dans le dedans de leurs entrailles. Ouais, genre j’suis un mec qui n’aime pas parler, qui veut qu’on lui foute la paix, mais quand même, je sais me montrer attentif envers les autres quand ils sont en difficulté. Vous voyez ce que je veux dire ? Et bien avec Joe, je n’ai pas eu ce sentiment. Pour moi, Joe est un taciturne qui a une nette tendance à la désociabilisation et basta. Et du coup, et bien quand Joe fait quelque chose, je me demande s’il ressent quelque chose ou bien si c’est mécanique. Et ça, bah moi ça m’a gêné, et c’est pour ça que je n’ai pas immédiatement été conquise par ce roman. Seulement, en y réfléchissant, je me suis rendue compte que quand même, ce côté déshumanisé seyait plutôt bien à son caractère… c’est juste que l’auteur exagère trop ce trait de caractère. Il y a selon moi un manque de subtilité qui aurait pu rendre ce thriller encore plus prenant.

 

En conclusion, nous avons un thriller bien sombre, avec une histoire bien menée qui ne laisse pas de répit au lecteur. Et finalement, et bien je vous la conseillerais bien.

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