Carmilla, Joseph Sheridan Le Fanu

Carmilla était dans ma wishlist depuis quelques temps déjà, et Manon a eu la bonne idée de me l’offrir lors d’un swap. Et je dois avouer que son nombre de pages restreint m’a poussé à ne pas le laisser traîner sur l’étagère, et donc à le lire rapidement.

 

 

Synopsis

Dans un château de la lointaine Styrie, au début du XIXe siècle, vit une jeune fille solitaire et maladive.
Lorsque surgit d’un attelage accidenté près du vieux pont gothique la silhouette ravissante de Carmilla, une vie nouvelle commence pour l’héroïne. Une étrange maladie se répand dans la région, tandis qu’une inquiétante torpeur s’empare de celle qui bientôt ne peut plus résister à la séduction de Carmilla… Un amour ineffable grandit entre les deux créatures, la prédatrice et sa proie, associées à tout jamais  » par la plus bizarre maladie qui eût affligé un être humain « .
Métaphore implacable de l’amour interdit, Carmilla envoûte jusqu’à la dernière ligne… jusqu’à la dernière goutte de sang !

 

 

 

Mon avis

Chers lecteurs, j’ai l’honneur de vous présenter la maman de Dracula, la grand-mère de Lestat, l’arrière-grand-mère d’Edward : Carmilla. Vampire de son état.
Non pas que j’aie établi un quelconque arbre généalogique desdits personnages ci-dessus, mais tout simplement parce que Carmilla est arrivée avant, littératurement parlant (oui, ma résolution 2014 est d’inventer des nouveaux mots). Et si ce n’est pas la première œuvre qui parle de vampire, ça reste néanmoins une référence en la matière.

L’histoire est courte, à peine 100 pages, et pourtant intense, pleine de surprises.

Ce court récit nous est narré par une jeune fille, Laura, qui va voir sa vie bouleversée suite à l’arrivée dans sa vie d’une autre jeune fille, Carmilla. Cette dernière va exercer sur Laura une aura telle que la jeune fille va voir ses émotions se bousculer. Et dans les premiers temps, les attitudes quelques peu étranges de Carmilla ne vont pas perturber la félicité de Laura.

 

J’ai aimé découvrir cette histoire à travers le regard de Laura. Le récit est assez surprenant, dans le sens où l’on sent beaucoup de naïveté de la part de la jeune fille, et en même temps il y a cette sensualité qui se dégage des dialogues entre les deux femmes. On devine qu’il y a beaucoup de sous-entendus dans ces pages, et notamment concernant le lien qui unit Laura et Carmilla. Laura nous livre son histoire tel un journal intime, et cela se ressent par le fait qu’il y ait peu de description mais qu’elle axe son récit principalement sur les faits, ses souvenirs, sur ce qu’elle a ressenti.
Concernant les descriptions, si elles sont peu nombreuses, elles permettent néanmoins de très vite situer l’atmosphère du roman : Une demeure isolée, un cimetière, pas ou très peu d’information sur les villes proches… Voilà de quoi se sentir en sécurité. Ou pas.

 

J’ai bien aimé la plume de l’auteur. Le style, très gothique dans le genre, a quelque chose de très actuel qui ne donne pas l’impression de lire une histoire écrite il y a 150 ans. En en même temps, on trouve certains passages dont l’écriture désuète peut prêter à sourire, comme par exemple lorsqu’au début du roman, il s’apprête à raconter l’histoire à travers Laura et écrit « écoutez et émerveillez-vous ».  Mais passés ces quelques passages un peu kitch, on se laisse prendre par l’histoire, par la relation étrange qui lie Laura à Carmilla.

 

Enfin, j’ai été agréablement surprise par le dénouement de l’histoire. Et s’il est vrai que de nos jours, cette fin n’a rien de vraiment surprenant, et est même assez attendue, j’imagine aisément qu’à l’époque de la publication c’est une autre histoire.

 

Donc, Carmilla est une livre bien sympa, un classique de la littérature vampirique que je vous conseille sans hésiter.

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4 thoughts on “Carmilla, Joseph Sheridan Le Fanu

  1. Lue il y a quelques années, j’ai même rédigé mon mémoire de Master sur cette novella. Un de mes prochains articles sera sur l’ambivalence qui règne dans cette histoire.

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