Le billet infernal

Il y a peu, j’avais lu « Le soleil des Scorta » de Laurent Gaudé. J’avais bien aimé, sans que ce soit un coup de cœur.
J’ai donc eu envie de réitérer avec cet auteur, cette fois-ci avec « La porte des enfers »

Synopsis

Naples, 1980. Une fusillade éclate dans la rue. Matteo tente de protéger Pippo, son fils de 6 ans, mais il est trop tard : une balle perdue a atteint l’enfant qui ne s’en remettra pas.
Pour Matteo et sa femme Giuliana, la mort de Pippo n’est qu’injustice. Comment une mère peut-elle accepter la mort de son enfant ? Alors quand elle demande à Matteo de lui ramener son fils, celui-ci est prêt à tout. Même aller jusqu’en Enfer.

Mon avis

Dès les premières phrases, je me suis sentie happée par l’histoire, par le destin de ces personnages. Et ça, c’est plutôt un bon début pour un roman.
L’histoire commence sur une histoire de vengeance. On ne sait pas trop pourquoi, pour quel motif, mais on ressent à travers les mots de l’auteur une vengeance viscérale de la part du personnage.

Ensuite, l’histoire se met en place, entre flashback et scènes du présent. La raison de cette vengeance nous est dévoilée. Et c’est là que j’étais bien contente de ne pas avoir cherché à lire les critiques ou les résumés avant de découvrir cette histoire. Car ainsi, j’ai pu découvrir au fur et à mesure toute l’ampleur de l’histoire. Et qu’est-ce qu’elle est prenante, justement, cette histoire !

Nous suivons donc plusieurs personnages.
Giuliana, qui ne veut et ne peut accepter la mort de son fils. Sa descente vers la folie est triste bien sûr, mais elle a surtout quelque chose de dérangeant, et même de malsain. Parfois j’avais du mal à me décider si cette femme me faisait pitié ou bien si elle m’effrayait.

Matteo, quant à lui perd goût à la vie. Il se sent comme un étranger dans ce monde qui l’entoure. Ses pensées sont sans cesse tournées vers son fils qu’il n’a pas pu protéger. Son sentiment de remords envers lui, mais aussi envers son épouse est omniprésent dans le roman. Bien sûr, il a envie de ramener son fils à la vie. Parce que c’était trop tôt pour Pippo. Et parce que Giuliana lui a demandé.
Alors quand un « professore » lui affirme qu’il existe des portes entre notre Monde et les Enfers, il ne faut pas beaucoup de temps à Matteo pour se décider à franchir le pas.

J’ai beaucoup aimé l’écriture de Laurent Gaudé, à la fois incisive mais également très introspective, comme pour mieux nous plonger dans la tête des protagonistes. Nous découvrons Naples de nuit à travers les yeux de Matteo, tour à tour avec un regard nostalgique, empli de ses souvenirs avec Pippo, puis le regard vide, comme si la ville se cachait derrière une nappe de brouillard, au sens propre comme au figuré.

Et puis, nous arrivons au passage se déroulant aux Enfers. J’ai trouvé que d’un coup, l’écriture avait quelque chose de plus théâtrale, d’épique. Bien sûr, je n’ai pu m’empêcher de faire le lien avec « La divine comédie » de Dante Alighieri. Et notamment de comparer Don Mazerotti à Virgile, les deux servant de guide dans les Enfers (trois ans d’études intensives de l’œuvre de Dante, à la fac, ça marque ^^).

Que dire d’autre ? Que malgré la dureté du récit, j’ai beaucoup aimé ce livre. Et que j’ai bien envie de m’essayer à un nouveau livre de cet écrivain.

 

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