Sexe, drogue et musique de roc… enfin, un des trois seulement

Un jour, je suis devenue Pratchettophile, disque monde addict, fan de Rincevent, groupie de la Mort. Bref, que je suis devenue accroc aux Annales du Disque-Monde de Terry Pratchett.

 

Euh… c’est quoi les annales (avec deux N) du Disque-Monde ?

il s’agit d’une série de romans écrits par Sieur Terry Pratchett. Tous se déroulent sur un même et unique lieu : un disque tout plat juché sur quatre éléphants, eux-mêmes montés sur une tortue géante.
Et sur ce disque, il s’en passe des aventures plus sottes et grenues les unes que les autres….

Et il y a de quoi faire, puisque à ce jour 34 romans ont été traduits en français. Je vous en présenterai quelques uns sur ce blog. Mais pas tous. Et pas dans l’ordre chronologique.
Et pour commencer, j’ai décidé de vous parler d’un de mes préférés. Ou peut-être mon préféré. J’hésite.

 

Accros du roc est donc une histoire qui se déroule donc sur le Disque-Monde.

 

 

 

Synopsis

 

Dans les épisodes précédents…
La Mort décide un jour d’embaucher un jeune homme, nommé Mortimer, afin de l’aider dans sa tâche de faucheur. Ce dernier n’est pas jugé apte à la fonction. Malgré tout, il aura gagné d’avoir fait la connaissance d’Ysabell, 16 ans, fille de la Mort.
Mortimer et Ysabell se marièrent et eurent une fille. Suzanne.

Dans Accros du roc…
L’histoire débute à Ker-Gselzehc, petite bourgade quelque part sur le Disque-Monde. Le jeune Kreskenn, barde de son état, décide de quitter ce lieu pour se rendre à Ankh-Morpork et ainsi faire découvrir sa musique à une majorité de gens. Il fera la connaissance de Lias Trapp (un Troll) et Nore Noresson (un nain), avec qui il formera un groupe.

Hélas, par un malheureux concours de circonstances, la harpe de Kreskenn est cassée. Elle sera remplacée par une guitare…
Oui mais voilà ! La guitare semble habitée d’une vie propre. La musique prend curieusement vie sur l’instrument. La musique de roc (c’est son nom) plaît à tous et nos trois compères vont voler de succès en succès.
Jusqu’où cela ira-t-il ?

Pendant ce temps, la Mort nous fait une petite crise existentielle. Il veut essayer de comprendre les humains, chose qui se révèle assez ardue… Il va donc tenter différentes expériences comme boire pour oublier, ou encore s’engager dans l’armée Klatchienne.
Mais en attendant, le boulot n’est pas fait et comme cela s’est passé auparavant, ça risque de créer de sacrés dégâts. C’est donc Suzanne, la petite fille de la Mort qui va prendre la relève, aidée de la Mort aux rats. Mais Suzanne n’est pas habituée à ce travail, et elle va donc vouloir arranger les choses à sa façon…

 

 

Mon avis très roc’n troll

 Comme vous l’avez sans doute compris, on trouve deux histoires parallèles. D’un côté la Mort qui fait des siennes, de l’autre l’histoire de ces musiciens. Ouais, y’a bien un rapport entre les deux, mais j’vais pas vous en dire plus.
Dans cet opus, T. Pratchett nous emmène dans une déferlante de musique. Mais attention, pas n’importe la quelle ! La musique de roc.
A savoir, le titre en VO est « soul music ». »’ La traduction peut paraître erronée ou quelque peu éloignée, mais Patrick Couton (traducteur français en titre des Annales du disque monde) ne s’y est pas trompé. D’une part, tout au long du livre, on retrouve de nombreuses références au rock, d’autre part, si celle-là s’écrit « roc » il y a une raison tout à fait valable derrière.

Et Pratchett va nous prouver tout au long de l’histoire que niveau roc… euh rock il s’y connaît aisément.

Le nom du personnage principal n’est pas choisi au hasard.
Dans la version anglaise, il se nomme Imp y celyn, qui est la traduction galloise de jeune pousse de houx. En Anglais, cela se traduit par Bud of the holly.
Pour la version française, Patrick Couton a nommé le personnage principal
Kreskenn Kelen. En breton, kreskenn signifie jeune pousse, quant à Kelen, il s’agit du houx. Or notre héros, prendra par la suite comme nom de scène Buddy. Peut-être avez-vous entendu parler de Buddy Holly ?
On retrouvera d’autres références à cet artiste tout au long du roman.

D’autres personnages font référence au monde de la musique. On notera par exemple Gibbsson, apprenti du magasin de guitares.

Mais ça ne s’arrête pas là !
De nombreux clins d’oeil à de célèbres groupes sont distillés au fil des pages. Notamment à travers 4 « roc’eurs » à la recherche d’un nom de scène et vont entre autre s’appeler Laide Zibeline, les houes, Au malheur des hommes… et d’autres noms.

On a même droit à un clin d’oeil à un de nos plus célèbres chanteurs national
Extrait :
Visiblement, il ne se sentait pas à l’aise en situation de dialogue
« Que c’est un magasin de guitares ? » demanda-t-il
[…]
« euh. Oui ? » fit-il.
« Que j’en veux une ».
« euh… une comme ça ? »
« Que j’en veux une qui fait « blam-Blam-blamma-BLAM-blammmm-ouuuuiiieeee. Voyez ? »

Hem… ça vous rappelle pas quelqu’un ça ?

 

Les dialogues ne manquent pas non plus de rappeler quelques titres ou paroles de chansons, mais également de films.
Cependant, il est vrai que pour saisir ces subtilités, il vaut mieux avoir une certaine connaissance du rock, mais également quelques bases en Anglais. Certes, une chanson qui parle de « ne pas marcher sur mes chaussures bleues neuves », c’est marrant, mais si je vous dis « blue suede shoes » Cela vous évoque-t-il quelque chose ?
Il est aussi question un moment d’une chanson parlant d’une « grosse boule enflammée », chanson à la fin de laquelle le piano explose. Cela n’est pas sans rappeler un certain Jerry lee lewis et son fameux « great balls of fire ».

Il est fait également alusion aux blues brothers ainsi qu’à James Dean

Ce sont là des exemples dont j’ai saisi la subtilité immédiatement, mais il y a certainement de nombreux autres clins d’oeil qui m’ont échappé.
Comme je le disais plus haut, parait-il qu’il y a d’autres références à Buddy Holly, personnellement, je ne les ai pas remarquées.

 

Mais au-delà de toutes ces allusions, c’est également l’industrie de la musique avec ses bons et ses mauvais côtés que Terry Pratchett pointe du doigt.
Cette musique jouée au début dans des petits pubs, presque dans l’illégalité, et qui finira par être rattrapée par l’industrie, puis commercialisée à outrance.
Ces producteurs plus ou moins scrupuleux, ou ces maisons de disques qui vont trouver n’importe quel moyen pour se faire de la thune.
Les produits dérivés : t-shirt, posters…

Sans oublier les groupies et autres fans, magnifiquement représentés par certains mages de l’Université Invisible. Voir le doyen se rebeller contre l’archichancelier, riveter son pantalon pour le rendre plus cool et repeindre sa chambre en noir… entre autre, c’est juste magnifique !!!

 

Et sinon, la Mort il va bien ?

Ben… il est en pleine crise existentielle là ! Il essaie de se souvenir comment on fait pour oublier.
C’est donc sa petite-fille, Suzanne qui le remplace. Et force est d’avouer que ce n’est pas évident. Surtout quand on n’est pas d’accord à propos de la personne qui doit mourir…
Alors changer une infime partie du destin, cela aura-t-il une incidence sur le Disque-Monde ? Est-ce vraiment juste que les gentils meurent et les méchants vivent ? Peut-on se soustraire au devoir auquel nous sommes destinés ?
Voilà toutes les questions aux quelles l’auteur nous donne à réfléchir au fil des pages. Et malgré les thèmes sérieux abordés, l’humour spécifique à Sir Pratchett est omniprésent.

Un petit extrait de la Mort buvant pour tenter d’oublier :
« VOUS VOYEZ. VOUS VOIJEZ. VOUS VOYEZ DES TRUCS MENACANTS SE DRESSER DEVANT VOUS MAIS FAUT RIEN FAIRE PARCE? PARCE? PARCEQUECESTLALOI. ON PEUT PAS VIOLER LA LOI. FAUT-QUYAITUNELOI. ».

 

Et alors c’est bien ou pas ?

S’il est vrai qu’on appréciera d’autant plus cet opus grâce à une connaissance du rock, on retrouve bien l’humour de Terry Pratchett dont je me délecte depuis plusieurs années.
Les personnages hauts en couleurs (quoi que pour le Doyen les couleurs se limitent au noir…). Des situations et des dialogues à se rouler par terre. Des thèmes plus ou moins sérieux abordés le plus souvent avec un humour implacable.

Autre point, s’il n’est pas forcément nécessaire d’avoir lu les annales du disque-monde dans l’ordre, il est selon moi préférable d’avoir lu Mortimer et Le faucheur avant celui-ci. Ces trois opus ont pour thème la Mort, et les lire dans l’ordre permet de mieux comprendre « l’évolution » du personnage.

Donc, oui c’est bien, et j’en redemande, encore et encore.

 

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