Le rêve du garuda

C’est tout à fait par hasard que j’ai découvert Perdido Street Station à la librairie Scylla. Je n’avais jamais entendu parler de China Miéville. A vrai dire, allez savoir pourquoi, je m’étais imaginé qu’il s’agissait d’une femme d’origine Asiatique.  Sauf que China Mieville est un homme et qu’il est anglais. Bref.

Dans sa version originale, Perdido Street Station est constitué d’un seul et même volume. Les éditeurs français ont décidé de le sortir en deux tomes. Je ne suis pas forcément pour ce genre de procédé, mais je trouve que le découpage est très bien pensé. Il a été effectué au bon moment, à la barrière entre deux intrigues successives. Cependant, j’ai choisi de faire fi de ce découpage et donc de vous présente une critique sur l’ensemble de l’œuvre.

  

 

Le synopsis

Nouvelle-Crobuzon, une métropole tentaculaire où se côtoient nombres de peuples et de races : humains, hybrides mécaniques ou animaliers…  magiciens, pègre, espions, prostituées… Le tout sous la coupe d’un maire aux mœurs… peu scrupuleuses.
Isaac Dan der Grimnebulin, un savant fou et génial va recevoir un jour une demande un peu particulière d’un étranger. Yagharek, un garuda (homme à tête d’oiseau, pouvant voler) va tout bonnement lui demander de lui recréer les ailes qui lui ont été arrachées, afin de pouvoir voler de nouveau.
Isaac va accepter, sans s’imaginer que ses recherches vont déclencher un mal sans précédent sur la ville…

 

Mes impressions

J’ai adoré ce roman, et pourtant j’ai eu un peu de mal à rentrer dedans.

Tout d’abord, C. Miéville a su créer un univers particulier. Nouvelle-Crobuzon est une ville étouffante, moite, où chaque recoin pourrait filer la chair de poule. Le genre de ville où l’on irait à reculons. Et c’est dans cet état d’esprit que l’auteur nous y embarque.

La cité est sale, chaque personne croisée nous paraît comme peut recommandable. On se méfie de tout.
Et puis, on commence non pas à aimer Nouvelle-Crobuzon, mais tout au moins à s’y habituer. Avec le temps, on comprend que la ville nous a envahi, plus que l’on a envahi la ville.
China Miéville n’hésite pas à nous faire de longues descriptions. Certains pourraient trouver qu’il y en a trop, moi pas. Et ce, pour une très bonne raison : La qualité de l’écriture.

Tout d’abord, le vocabulaire utilisé est très riche. Ce ne sont pas forcément des mots inconnus ou compliqués, mais plusieurs fois je me suis fait la réflexion que tel mot que je connais pourtant, et donc je connais la signification, et bien ça ne me venait pas à l’idée de l’utiliser. Et quelque part, je trouve ça très bien que des livres nous rappellent que le vocabulaire français n’est pas limité à 200 mots.

En plus d’être riche, le vocabulaire est adapté à l’environnement, à la description. Tantôt scientifique, tantôt soutenu, tantôt vulgarisé. Quand l’auteur parle des prostituées du quartier le plus pourri de la ville, il ne parle pas de « filles de mauvaise vie », mais bien de « putes ». De même que tout l’aspect scientifique est détaillé de façon très… scientifique.  Alors, certes je n’ai pas tout compris quand c’était trop technique, mais pourtant cela ne m’a pas gêné du tout. J’ai même trouvé que c’était une excellente façon de faire apprécier les personnages dans leur intégralité

 

Justement, à propos des personnages…
Eux aussi, il m’a fallu les « apprivoiser ». Car à Nouvelle-Crobuzon, les races et les hybrides sont nombreux. Et aucun ne m’était familier. J’ai donc du faire quelques efforts pour comprendre et retenir ce qu’étaient les recréés, les garudas ou encore les Khépri.

Pour certaines créatures, je n’ai pas eu trop de mal à les imaginer. Par exemple le Garuda (homme oiseau)… Je crois que le grand oiseau d’Emilie Jolie n’y est pas totalement étranger ^^.

J’ai assez vite intégré le concept des recréés, bien que parfois mon cerveau se demandait comment c’était possible tout ça !!

En revanche, le khépri (humain à tête d’insecte), bah j’ai eu vachement de mal. Pourtant, une tête d’oiseau sur un corps humain c’est aussi improbable que la tête d’insecte. Mais non, l’insecte me choquait plus.

Mais bon, au fil des pages j’ai fini par intégrer toutes ces races qui m’étaient inconnues.

 

Et l’action alors ?

Certes, dans Perdido Street Station il y a une intrigue qui va perdurer sur l’ensemble du roman. Celle-ci est bien ficelée et bien menée. On va suivre lsaac dans ses recherches qui permettront au Garuda de voler à nouveau. MAIS, et c’est en cela que ce livre change des narrations habituelles, on comprend rapidement que ce qui  prime n’est pas tant l’intrigue en elle-même que l’univers décrit.

Finalement, l’action n’est la que pour servir d’accroche et nous emmener dans cette mégapole particulière qu’est Nouvelle-Crobuzon.

 

Ce roman est bien sûr porteur de quelques sujets de société tels que l’homophobie, la justice, ou encore l’esclavagisme. Mais je pense que ce n’est pas dans cet objectif là qu’il faut le lire. Non, Perdido Street Station est à lire pour le plaisir de la lecture, pour son vocabulaire riche et intéressant, et surtout pour découvrir un nouvel univers qui nous est inconnu, presque inaccessible.

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2 thoughts on “Le rêve du garuda

  1. Je l’ai lu il y a déjà un moment et j’avais adoré, l’écriture est dense, l’univers complètement innovant, un grand plaisir de lecture comme tu le dis !

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